William Kentridge, l’historien de la sculpture Sud-africaine
Mandatory Credit: Photo by GEORGIOS KEFALAS/EPA-EFE/Shutterstock (10286283d) South African artist William Kentridge poses in front of backdrops made for "Sophiatown" (1989) in his exhibition "A Poem That Is Not Our Own" in the Kunstmuseum Basel | Gegenwart (museum of contemporary art) in Basel, Switzerland, 06 June 2019. South African artist William Kentridge exhibition, Basel, Switzerland - 06 Jun 2019

William Kentridge, l’historien de la sculpture Sud-africaine

William Kentridge, né à Afrique du Sud le 28 avril 1955 est un artiste sud-africain. Avant tout dessinateur de talent, il maîtrise de multiples techniques comme la vidéo, la gravure, la peinture, la sculpture, la tapisserie et la mise en scène. Son œuvre est marquée par l’apartheid, le colonialisme et toutes formes d’injustice sociale.

Biographie

Arrière-petit-fils d’un émigré juif de Lituanie, qui a changé son nom Kantorovitch en Kentridge, et fuit les pogroms du début du XXe siècle, William Kentridge est le fils de Sidney Kentridge et Felicia Greffen. Ses parents sont tous deux activement engagés dans la lutte contre l’apartheid et défendent les victimes, lors des procès politiques. William Kentridge a cinq ans lors du massacre de Sharpeville en 1960. Il grandit dans cette société fondée sur l’injustice, les inégalités et la violence et son art en sera fortement marqué. L’apartheid et le colonialisme en sont des thèmes récurrents.

« J’ai suivi toute ma scolarité dans une société anormale où il se passait des choses monstrueuses. »

— LM Magazine 1er mars 2020

William Kentridge fréquente l’école King Edward VII à Houghton, obtient une licence de sciences politiques et d’études africaines à l’Université de Witwatersrand, puis un diplôme en Beaux-Arts à la Johannesburg Art Foundation.

Peu confiant dans ses talents de plasticien, il s’oriente vers le théâtre et étudie le mime et le théâtre à l’École internationale de théâtre et de mime de Jacques Lecoq, à Paris, à la fin des années 1970.

Entre 1975 et 1991 il est acteur et metteur en scène à la compagnie de théâtre de Junction Avenue à Johannesbourg. Dans les années 1980 il travaille sur des téléfilms et feuilletons comme directeur artistique.

Mais, rapidement, il doute également de son talent comme acteur.

« Puis j’ai abandonné l’art, me disant que j’avais échoué en tant qu’artiste, et c’est alors que je suis allé à l’école de théâtre pour m’essayer au jeu d’acteur. […] Au bout de trois semaines, j’ai su que je ne serais pas acteur. Mais j’ai beaucoup appris sur la réalisation et le dessin. » William Kentridge, cité par Musée LAM.

Parcours artistique

Le travail de William Kentridge est étroitement associé à sa vie et son expérience dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. La dénonciation des violences et de l’injustice est omniprésente dans son œuvre, ce qui le rapproche de graveurs comme Francisco Goya et Käthe Kollwitz mais aussi William Hogarth ou Honoré Daumier, eux aussi engagés socialement.

Son œuvre est truffée de références à l’histoire de l’art comme l’expressionnisme d’Otto Dix, Max Beckmann ou George Grosz, le Constructivisme russe, le Dadaïsme et le Bauhaus avec sa notion d’art total.

Le dessin et la gravure

Malgré son exploration continue des médias non traditionnels, le fondement de son art a toujours été le dessin et la gravure.

Au milieu des années 1970, William Kentridge réalise des gravures et des dessins. En 1979, il crée 20 à 30 monotypes, qui deviendront la série Pit. En 1980, il exécute une cinquantaine de gravures de petit format qu’il appelle les Domestic scenes. Ces deux groupes d’estampes ont servi à asseoir l’identité artistique de Kentridge, identité qu’il n’a cessé de développer dans divers médias.

En 1996-1997, il produit un portfolio de huit gravures intitulé Ubu Tells the Truth, basé sur la pièce d’Alfred Jarry de 1896, où Ubu incarne, avec une apparente loufoquerie, les horreurs de la ségrégation raciale. Ces œuvres font référence à la Commission de vérité et de réconciliation en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid.

Les dessins de Six Drawing Lessons font partie d’une série de conférences/performances réalisées pour l’Université de Harvard (Charles Eliot Norton Lectures) en 2012. Ce travail traite du travail en atelier et de l’atelier comme espace mental, où se télescopent les formes, les images et les sons, à travers un jeu dynamique et visuel. Une série de grands dessins d’arbres à l’encre de Chine sur des pages d’encyclopédie retrouvées, déchirées et réassemblées, analyse la forme de différents arbres indigènes d’Afrique australe.

La Rédaction

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