Thebe Magugu : à 26 ans il conquiert Paris

Thebe Magugu : à 26 ans il conquiert Paris

En 2019, à l’âge de 26 ans, Thebe Magugu devient le premier créateur africain à recevoir le prix LVMH. Depuis son atelier de Johannesburg où il travaille, il s’applique à démystifier les stéréotypes de l’esthétique sud-africaine.

Son pitch

Thebe Magugu est né à Galeshewe, un township de Kimberley, en Afrique du Sud, mais pas dans n’importe quel quartier : il vient d’Ipopeng, qui en langue tswana signifie « Fais-toi beau ». « Au début, mon intérêt pour la mode était purement esthétique. Plus tard, j’ai commencé à percevoir sa dimension cérébrale et sa puissante capacité à communiquer des idées. Je ne suis pas très bavard, mais, à travers mes collections, chacun peut percevoir mes opinions. »

Son coup d’envoi

En 2019, alors âgé de 26 ans, le designer remporte le prix LVMH avec sa marque Thebe Magugu. C’est la première fois qu’un créateur africain reçoit une telle récompense. Il fait alors un choix décisif : installer son studio dans son pays natal, à Johannesburg. « Prendre un chemin de traverse est toujours difficile. J’essaie de faire comprendre au monde qu’il existe autre chose en dehors des capitales de la mode. »

Son superpouvoir

Aujourd’hui, Thebe Magugu travaille avec une petite équipe de sept personnes collaborant avec des artisans, attachée à préserver les savoir-faire locaux. Sa mode est politique : de collection en collection, il s’applique à démystifier stéréotypes et visions fantasmées de l’esthétique sud-africaine, tout en s’intéressant à des questions sociales comme les féminicides et les violences sexistes. Dans sa première collection pour homme (printemps-été 2022) baptisée « Doublethink », il explore la façon dont la corruption affaiblit le pays et creuse les inégalités. « Je pense qu’en tant que Sud-Africains, nous ne sommes pas étrangers à l’idée de douleur. J’aime traduire l’idée du bon et du mauvais dans mon travail. » Mais sans jamais jouer la carte de la littéralité : ses engagements se lisent en filigrane de ses imprimés sophistiqués et de ses plissés délicats. Ou l’art de la suggestion poussé à son paroxysme.

La Rédaction

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