Salon du livre africain de Paris : Henri Djombo participe à une table ronde

Salon du livre africain de Paris : Henri Djombo participe à une table ronde

L’écrivain congolais a pris part à la table ronde sur le questionnement « Comment l’héritage des premiers romanciers africains dialogue-t-il avec les jeunes auteurs contemporains ? ».

Le 26 septembre 2021, une table ronde modérée par Fanny Campan, auteure, a permis un dialogue entre Henri Djombo, auteur de “Le miraculé du vol 352”, Éditions LC, et Monique Ibouldo, auteure de “Carrefour des veuves” paru aux Éditions Lettres Mouchetées.

Pour Monique Ibouldo, écrire c’est d’abord se nourrir de ses prédécesseurs. Ensuite s’installe le dialogue en l’adaptant au contexte choisi. Prenant l’exemple de son dernier roman, il a fallu écrire en puisant dans la vie sociale et politique du Burkina Faso. L’histoire touche à l’universel en gardant les yeux grands ouverts sur les dysfonctionnements de cette région du monde en parlant de ces femmes intègres dans un pays déboussolé où elles tiennent haut la bannière des droits et de la vérité universelle.

Henri Djombo, tiraillé entre la sensibilité de l’écrivain et de l’homme politique, a admis que la littérature est le fruit des imaginaires ancrés dans les cultures spécifiques et portés par des paroles multiples. En somme, elle est constituée de pensées et de valeurs morales et esthétiques dont les premiers producteurs ont laissé un héritage incommensurable, caractérisé par l’art de dire et d’écrire, et la qualité des œuvres produites. Cet héritage est sous-entendu par la recherche permanente de la vérité, la quête du sens, le sens critique, le projet de construire un monde meilleur.

« Par compagnonnages successifs, les pères de la littérature africaine, comme les romanciers d’hier et ceux d’aujourd’hui, ne sont pas des générations spontanées, mais les produits d’influences diverses », a-t-il précisé. Et de conclure, « au cœur du dialogue entre ceux d’hier et nous aujourd’hui, il y a initiation, engagement et cheminement personnels basés sur l’observation, l’écoute et l’analyse des anciens. Dans ce contexte, nous n’inventons ni le style, ni le propos. Nous recousons et réinventons la matière, mais jamais l’esprit des lettres. Nous sommes des porteurs de produits que nous n’avons pas fabriqués, mais qu’en fonction de nos qualifications et de nos qualités artistiques et techniques, nous utilisons pour perpétuer les idéalités esthétiques qui continuent de faire évoluer les lettres africaines ».

Cette table ronde a mis en lumière l’esprit où les écrivains sont unis et solidaires autour de leur passion, abstraction faite des tendances, des stigmatisations et des conflits intergénérationnels qui pourraient les diviser. Tel un manifeste, le dialogue a dégagé une contrainte pour les écrivains de se connaître, d’échanger entre eux et de se mettre ensemble, car il leur est impossible d’évoluer et de réussir seuls.

« La littérature a ceci de remarquable qu’elle est contagieuse du fait de son idéal du bien-penser et du bien-dire qui, à la fois, la porte et lui sert de sommier », a confié Henri Djombo.

La Rédaction

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