Saïd Afifi propose « Les constellations de la Terre »

Saïd Afifi propose « Les constellations de la Terre »

L’exposition se tiendra du 1er février au 5 mars 2022 à Casablanca. Saïd Afifi oriente son travail vers les problématiques du paysage naturel, du biomimétisme et de l’impact des nouvelles technologies dans l’observation du monde.

L’artiste marocain qui explore en continu la dimension anthropologique des nouvelles technologies est invité à la galerie d’art L’Atelier 21 à Casablanca. Saïd Afifi y présente pour la première fois ses œuvres, du 1er février au 5 mars. L’artiste-plasticien offrira au public « Les constellations de la Terre ». Il ne s’agit pas d’une simple exposition, mais d’un travail passionné et invitant à la réflexion avec le logiciel Google Earth. Dans ce solo show, Saïd Afifi bouleverse la perception du paysage. Selon l’artiste multidisciplinaire épris récemment par les images aériennes ou satellitaires de la Terre, « On ne sait plus à quel moment le réel est réel ». Afifi se demande si « une immersion dans le paysage est encore possible ». « Comme dans le mythe platonicien, la tromperie sur les apparences guette toujours, mais elle dépend désormais des fournisseurs de données ou de ce qu’il est convenu d’appeler datas qui, selon Afifi, “fracturent” notre perception du paysage en raison des bugs se produisant lorsque l’on passe d’un centre de données à un autre.

Les images satellitaires pouvant être transmises par la Nasa (Agence spatiale américaine) ne recouvriront pas forcément celles fournies par d’autres centres nationaux d’études spatiales ; sachant qu’en la matière des formes de censure peuvent encore exister à l’échelle de certains États », explique l’écrivain d’art Olivier Rachet, dans le texte du catalogue d’exposition. Dans son processus de création, Saïd Afifi se concentre sur ces dysfonctionnements, dans des rapports d’échelle parfois inversés.

Comme l’utilisateur de Google Earth peut choisir de zoomer sur une partie de son choix, Afifi privilégie une forme au détriment d’une autre. Selon Olivier Rachet, l’artiste en quête de nouvelles perceptions n’agit pas seulement sur la représentation d’un espace géographique, mais s’évertue à faire émerger une nouvelle temporalité incluant tout autant le passé que le futur. « Dans son atelier, sont imprimées au préalable différentes prises de vues satellitaires à partir desquelles l’artiste va parfois intervenir directement. Mais le plus souvent, le dessin et, pour la première fois dans son parcours, la peinture vient relayer ces images fascinantes qui transforment surtout le genre de la peinture de paysage tel que nous avions l’habitude de le définir en histoire de l’art », indique-t-il. Saïd Afifi propose aujourd’hui un monde qui n’existe peut-être pas encore. Dans son exposition « Les constellations de la Terre », les dessins et les toiles sont regroupés comme composant une cartographie mentale inédite, plus proche de l’anticipation que de l’objectivité scientifique. […]

La Rédaction

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