Sahad, le musicien écologiste sénégalais frappe un nouveau coup

Sahad, le musicien écologiste sénégalais frappe un nouveau coup

Le chanteur sénégalais Sahad vient de sortir un nouvel album, « Luuma », dont les 12 titres questionnent le vivre ensemble, entre la ville et la campagne. Cette incroyable campagne où le musicien a fondé un écovillage.

Son prénom fait référence à la récolte en langue sérère, et l’on peut dire qu’avec Sahad, la moisson est généreuse. S’il a choisi « Luuma » comme titre de son album, c’est parce que dans ce marché rural itinérant, chacun trouve sa place, tant bien que mal.

Le chanteur aimerait qu’il en soit de même dans l’ordre du monde. « En Afrique, où les places nous ont toujours été imposées, nous avons notre vision de la mondialisation : chacun à sa place et qu’à l’intérieur de ce marché, c’est une fabrique du possible, où il y a plusieurs manières de faire, plusieurs visions de faire le monde », explique-t-il.

Musicalement non plus, Sahad n’entend pas se laisser dicter sa conduite, loin des canons du rap et du mbalax. Quant à définir son style : « Franchement c’est très compliqué de se définir. En général, je n’aime pas mettre mes émotions, mes ressentis dans des cases. Mais en réalité, on fait une fusion. Du jazz, funk, soul… Tranquille ».

Éco-village

Pour rester libre, Sahad a fondé son propre label. Le chanteur cultive son indépendance, dans tous les sens du terme, et agricole également. Car Sahad n’est pas que chanteur : il a fondé un éco-village, à Kamyaak, dans la région de Fatick, dans le centre du Sénégal.

Écovillage d’une dizaine de personnes à temps complet, régi par les règles de l’agriculture biologique, pour éviter la désertification et sortir de la monoculture de l’arachide, dominante dans la région.

« À la base, on avait de l’espace. Il n’y avait rien. Donc, on a planté plus de 800 arbres qui ont bien grandi maintenant. On a planté des arbres naturels qu’on a trouvés là comme des moringas et des neems. Ensuite, tous les légumes puisque l’on a un champ de maraîchage et un potager dans le village. On a aussi construit des économes, ce sont des maisons rondes en sacs de terre et des toilettes à compost. Ce sont des techniques de constructions qui permettent à nos hommes de respecter la nature et de ne pas trop dénaturer l’espace », raconte Abibatou Barry, l’une des coordinatrices du projet, en ligne de Kamyaak.

La Rédaction

Laisser un commentaire