Pathé Ouédraogo, le livre d’histoire de la mode burkinabè

Pathé Ouédraogo, le livre d’histoire de la mode burkinabè

Le styliste burkinabè Ainé Pathé Ouédraogo, dit Pathé’O, est né en 1950 à Guibaré. Installé dans les années 1970 dans un quartier d’Abidjan, à Treichville, cet Ivoirien d’adoption acquiert une renommée internationale, notamment pour avoir habillé le président Nelson Mandela.

Pathé Ouédraogo voit officiellement le jour à Guibaré à 87 Km de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. En 1964, son père agriculteur, l’inscrit à l’école rurale du village où il fait trois ans avant d’entrer au centre de perfectionnement agricole de Kongoussi.

En 1969 il part pour la Côte d’Ivoire. Il arrive à Abidjan sans grand moyen financier. Il loge chez un parent et suit un apprentissage en couture. De 1969 à 1973, il apprend la coupe homme. De 1974 à 1977, il s’initie à la couture dame. Pour bien comprendre les détails techniques de la couture, Pathé prend des cours par correspondance. En 1977, il décide de voler de ses propres ailes. La vie professionnelle commence. Le déclic arrive le 14 mars 1987 lors de la première édition des Ciseaux d’Or organisée par UNIWAX, une firme de textile. Pathé bosse sur le pagne « L’oiseau rare » et sort un modèle exceptionnel mais simple qu’il fait porter au mannequin. Au résultat final, il remporte le Ciseau D’Or.

Il entrait par la même occasion dans l’univers des grands créateurs d’Abidjan. Il devient plus professionnel. La particularité chez lui, c’est qu’il travaille en grande partie sur les matières africaines notamment le pagne imprimé, les tissés (le Kita baoulé, le pagne korhogolais, le Faso Dan Fani…), le voile mauritanien, le bazin, l’indigo… Ses habits se remarquent par leurs finitions nettes et le réalisme dans la création. Avec l’aide de quelques dirigeants et personnalités du continent comme Mandela, Konaré et autres chefs d’Etats et personnalités en activité, et des stars de la chanson africaine, il a réussi à faire admettre les tenues faites par les créateurs du continent comme tenue de sortie. Pour diffuser sa griffe, il ouvre des boutiques dans plusieurs grandes villes africaines : Yamoussoukro, Bamako, Ouagadougou, Libreville, Yaoundé, Douala, Brazzaville, Luanda. En Occident il en existe à Pointe-À-Pitre et au Québec. Son atelier compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de machines à coudre et c’est de là que partent toutes les créations signées Pathé’O.

Pour son originalité et sa créativité il mérite la deuxième place.

La Rédaction

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