Parution imminente d’Annatto, une fiction sur l’identité africaine

Parution imminente d’Annatto, une fiction sur l’identité africaine

Le premier long-métrage de Fatima Ali Boubakdy raconte une histoire sur l’amour, l’identité, l’introspection et la réconciliation.

Grand prix « Écran d’or » au 25e festival « Écrans noirs » à Yaoundé, prix de la meilleure photographie et prix de la meilleure conception de costumes à la 37e édition du Festival méditerranéen d’Alexandrie… Annatto séduit à l’étranger. Au niveau national, il ne reste pas beaucoup de temps pour découvrir le premier long-métrage de Fatima Ali Boubakdy. À partir du 16 février, les salles marocaines accueilleront cette fiction qui réussira peut-être à nous guider vers une réconciliation humaine, interpellant notre identité africaine.

Une histoire autour de l’identité

« Annatto dépeint ostensiblement le drame d’une jeune femme africaine victime d’un mariage de plaisir. Néanmoins, l’histoire se voit dépasser ce conflit classique entre un homme et une femme et transgresse la question du mariage de plaisir, de la polygamie et des rivalités entre deux femmes pour un homme. Le film parle de la tragédie de tout un continent, et de la réconciliation humaine afin de corriger des erreurs du passé, plaidant ainsi pour une Afrique unie et prospère », explique la réalisatrice Fatima Ali Boubakdy. Si le film commence par un simple « mariage » entre un commerçant marocain et une jeune Franco-sénégalaise, il scrute certains aspects des relations maroco-africaines en les tissant sur les toiles d’une histoire d’amour, tout en remettant en question certaines pratiques. Selon Fatima Ali Boubakdy, « en mettant le doigt sur l’intolérance et le racisme, le film prône aussi l’importance de privilégier les valeurs humaines au détriment de tout profit ». La réalisatrice qui a beaucoup travaillé sur l’identité marocaine a décidé cette fois de passer à un niveau continental pour « clarifier » une partie de l’identité africaine. Et on peut dire que son travail a eu le résultat escompté.

Retours des critiques

« Annatto » a été bien accueilli au Cameroun au festival « Écrans noirs ». Selon Ardiouma Soma, ex-délégué général du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), président du jury du festival « Écrans noirs » (25e édition), « l’histoire du film est authentique et porte beaucoup de messages. “Annatto” est un film bien fait, il nous rappelle les films des maîtres du cinéma africain ». Les retours des critiques en Égypte étaient aussi positifs. Pour la critique de cinéma égyptienne, Nahed Salah, « Annatto ne tourne pas autour d’un conflit entre l’homme et la femme ou autour du fameux triangle de l’amour, où deux femmes se battent pour un mari, un amant. Il s’agit là d’une cause plus profonde et d’un appel à la réconciliation humaine ». Pour sa part, le critique de cinéma égyptien Imad Nouiri apprécie la focalisation de ce long métrage sur l’identité. Pour lui, l’héroïne représente tout le continent africain. Même son de cloche auprès de Khairia Elbachlaoui, critique égyptienne qui applaudit l’africanité d’Annatto : « Ce film parle de tout le continent africain. Il révèle aussi comment la femme, elle-même, peut être un élément de pression et d’oppression pour la femme. Le thème d’Annatto est riche, diversifié, fort, complexe et très fertile qui a plus d’une lecture mais il reste marocain et c’est une belle chose ». Du côté marocain, le critique de cinéma Cherqui Ameur considère Annatto comme une révélation cinématographique dont la filmographie marocaine a besoin.

Un casting africain

Ce film est également une révélation dans son casting. Tourné entre le Maroc et le Sénégal, il met en scène une sélection d’acteurs et d’actrices à leur première expérience en tant que héros tels que la Sénégalaise Nissia Benghazi (Annatto). Pour la réalisatrice, cette méthode est une sorte de défi mêlé au plaisir de la découverte. « J’ai également choisi des acteurs pionniers tels que le grand artiste Salah Eddin Ben Moussa, l’actrice internationale d’origine burkinabée, Maymouna Ndiaye, et les Marocaines Souad Khouyi et Kenza Fredo », explique-t-elle. Annatto est film plein de belles découvertes autour de l’amour, l’identité, l’introspection et la réconciliation.

La Rédaction

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