Marie-Claire Nseke crée sa marque de sport

Marie-Claire Nseke crée sa marque de sport

« Pour moi le football n’était qu’une passion » : Nseke Marie-Claire, créatrice de la marque de sport Ossou, entre passion et ambition.   

Nseke Marie-Claire est une jeune entrepreneure d’origine camerounaise vivant à Lille et diplômée d’un BTS en Management. Alors qu’elle se prépare à entamer sa licence, elle décide finalement de tout arrêter pour tenter de réaliser son rêve le plus fort : devenir entrepreneure et créer sa propre marque de vêtement de sport. Témoignage d’une jeune femme qui a décidé de faire de sa passion un métier.   

Marie-Claire est une passionnée de sport, plus particulièrement du football depuis son plus jeune âge. « Bien que certaines personnes de mon entourage me voyaient faire carrière dans le football, pour moi ce n’était qu’une passion. » Arrivée en France à l’âge de 16 ans, la jeune femme décide de ranger ses crampons et de se concentrer sur ses études.

Après l’obtention de son baccalauréat, elle se lance dans les études supérieures mais échoue à maintes reprises en raison de ses mauvais choix académiques. « J’étais indécise. Comme de nombreux jeunes, je rêvais d’exercer un métier lié à la bureautique. Après deux échecs consécutifs de mon BTS, j’avais le sentiment de perdre mon temps et surtout de ne pas avancer.

Grâce au soutien de mes parents, je me suis motivée une troisième fois et j’ai pu obtenir mon diplôme en management. » Malgré l’obtention de son BTS, la jeune femme ne parvient pas à trouver une école pour poursuivre une licence et décide d’abandonner pour prendre une année sabbatique. « Durant mon année sabbatique je réfléchissais à comment être utile à la société.

C’est ainsi que j’ai postulé pour une mission de service civique. Ma tâche consistait à aider les jeunes dans leurs démarches administratives.  Il y avait beaucoup d’immigrés et c’était un plaisir pour moi de pouvoir les accompagner surtout que la plupart ne parlaient pas français. » Cependant, la jeune femme ne se décourage pas quant à son idée d’entreprendre.

En parallèle de ses missions avec le service civique elle se rapproche d’une structure qui vient en aide aux porteurs de projets : la BGE, un réseau national d’appui à la création d’entreprise.     

C’est maintenant ou jamais ! 

Le déclic pour Nseke Marie-Claire arrive en 2020. La jeune femme fait un constat qui va la pousser à se lancer : « J’avais remarqué qu’il y avait très peu d’entrepreneurs camerounais en France impliqué dans la création de marque de sport, s’étonne la jeune femme. Pourtant il y’ a de la demande, l’Afrique est un continent de sport. » Selon elle, les africains ne voient que l’aspect divertissement du sport sans regarder l’aspect économique et les opportunités qui s’y trouvent.  Toutes ces interrogations ont contribué à son engagement dans ce projet.

S’y ajoute les nombreuses plaintes des internautes sur les réseaux sociaux à la suite de l’annonce sur la résiliation du contrat entre Puma et les Lions Indomptables du Cameroun. « L’indignation du peuple du fait de ne pas avoir de marque propre à nous m’a beaucoup interpellé. La solution n’est pas de se plaindre mais d’agir ! On ne doit pas laisser les autres agir à notre place et accepter d’être tout simplement des consommateurs. » En 2021, grâce à son service civique elle met en place son projet avec l’aide de la mission locale et de la structure Réalise tes rêves.

Elle suit une formation de janvier 2021 à juin 2021, pendant laquelle elle rencontre des personnes de tout âge qui souhaitent entreprendre comme elle. « Durant cette formation j’ai appris à rédiger un business plan. J’ai également appris sur moi-même à travers des cours de développement personnel. » Cette expérience a permis à la jeune femme d’obtenir un diplôme reconnu par l’État. « A la fin je suis passée devant un jury. Ma présentation s’est bien déroulée et j’ai pu avoir mon diplôme.

Cela m’a vraiment boosté. C’est lorsque tu parles aux gens de ton projet que tu y crois davantage. » Bien qu’elle ait pris son envol, Nseke Marie-Claire retravaille/peaufine en permanence son projet et reste suivi par la BGE.

« Ossou » signifie aller de l’avant 

Pour rester crédible et fidèle à elle-même, Marie-Claire a choisi un nom original pour sa marque de sport. Un nom qui suscite beaucoup de curiosité puisqu’il n’est ni en français ni en anglais. « J’ai déposé le nom de ma marque en octobre 2020, je l’ai choisi car je trouvais qu’il avait de l’impact et surtout qu’il renvoyait à ma culture.

C’est un nom authentique et original. » Comme de nombreux jeunes camerounais vivant en France, Marie-Claire a été bercée depuis sa tendre enfance par la musique locale notamment le bikutsi qu’elle adore écouter en permanence.

C’est grâce à la plateforme YouTube qu’elle reste en connexion avec la musique de son pays. « J’écoute énormément de musique camerounaise. J’étais déjà connue sur la plateforme YouTube car je commentais beaucoup sur les chanteurs camerounais, et je finissais mes phrases par ‘’Ossou’’ qui signifie aller de l’avant dans ma langue maternelle, le béti. » À travers le bikutsi, la jeune femme a trouvé une inspiration pour le nom de sa marque.

Quoi de mieux pour valoriser sa culture ?   Ossou est spécialisé dans la fabrication d’articles de sports, de vêtements, de chaussures, et autres accessoires pour hommes et femmes. « Ce que j’aimerais apporter, c’est l’aspect élégant notamment pour les femmes. Pour moi la qualité est primordiale donc je veux commercialiser des vêtements haut de gamme afin de pouvoir me différencier de la concurrence. » 

La jeune femme souhaite démarrer le lancement d’une boutique en ligne avec un petit budget. « Pour le démarrage, je souhaite commencer avec environ 30 000€. » Elle mentionne également les difficultés que rencontrent les entrepreneurs à leurs débuts. « Le fait d’être seule dans un projet, rédiger un business plan, être en mesure de commencer petit, additionner avec le manque de soutien des proches ou même des parents qui ne croient pas en toi ou encore le refus des banques. »

Elle termine avec quelques petits conseils pour le bonheur de nos futurs entrepreneurs. « Lorsque tu veux entreprendre, il faut parler autour de toi, accepter les retours positifs comme négatifs et te faire accompagner. Il faut persévérer et surtout ne pas se précipiter car les débuts sont toujours très durs. »  

La Rédaction

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