L’incroyable performance Sharlto Copley dans Ted Kaczynski

L’incroyable performance Sharlto Copley dans Ted Kaczynski

Il est certes un peu tôt dans la saison des prix 2022, mais en visionnant Ted K, on se prend à espérer le plein de nominations pour Sharlto Copley. Le Sud-Africain était la vedette du remarquable District 9 de Neill Blomkamp, son ami d’enfance.

Ici, pas ou peu d’action. Peu de dialogues, mais le plein de monologues. C’est que Ted Kaczynski est un solitaire vivant dans les bois se nourrissant de ce qu’il chasse ou fait pousser, sans électricité ni eau courante. Alors il réfléchit, se parle à lui-même. Au milieu de cette nature qu’il chérit, il lance des imprécations aux avions qui passent dans le ciel, aux autres qu’il croise de temps en temps. Les rares fois où il s’aventure en ville, il est agressif, mal à l’aise, revendicateur.

Pas de doute, Sharlto Copley a ce qu’il faut bien appeler la gueule de l’emploi. L’acteur au visage long, ici affublé d’une barbe, maigre, des rides d’expression aux coins des yeux et de la bouche, a le regard d’un penseur illuminé, de l’un de ces ermites contemplatifs au regard perdu dans un monde fantasmé. Car, entre deux corvées de bois, Ted pense à la société qu’il a volontairement laissée derrière lui, au progrès qu’il tient pour néfaste. Ses phrases sont celles des carnets les vrais noircis par Ted Kaczynski et dont le réalisateur et scénariste Tony Stone s’est servi pour le film.

Puis Ted s’enhardit. Il pose des bombes qui tuent et font des dégâts. Puis il s’enhardit encore et exige du New York Times et du Washington Post qu’ils publient son manifeste sans quoi il y aura des morts. Et ce dernier s’exécute. Alors il jubile, écoute les comptes rendus de ses actions. Et sombre encore un peu plus, jusqu’au dénouement tragique.

La trame sonore, majoritairement classique, baigne Ted K d’une ambiance tour à tour de violence ou de contemplation, de joie ou de colère, les différentes pièces de Vivaldi mêlées à des sons de la nature ou des bruits de machinerie lourde, offrant le contraste parfait entre ces émotions en apparence antinomique.

On ne peut se défendre d’une fascination à l’endroit d’un homme déterminé, suivant une logique qui lui est propre et dont l’isolement a conduit à la folie meurtrière.

La Rédaction

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