« Les marrons du feu » de Samba Ndiaye

« Les marrons du feu » de Samba Ndiaye

Le feu est le symbolisme qu’utilise le poète sénégalais dans son recueil de cent seize pages publié aux éditions Edisal à Dakar. C’est l’expression des passions diverses de la vie.

L’auteur inaugure son périple poétique, avec la complicité indiscrète du lecteur, sur la thématique du « passeur ». Prétexte dont il se sert pour définir le rôle du poète, ce porte-voix des heurs et malheurs de la cité. L’écrivain, dans la peau d’un mondain qui s’identifie aux fresques multicolores de la société qu’il peint, éveille les consciences et invite à la responsabilité. Devant les déboires de la vie, il ne faut pas toujours chercher des boucs émissaires, nous apprend-il (p.19). 

Des fléaux comme la destruction de l’environnement, les erreurs judiciaires, le déracinement culturel, la violence des guerres et des actes terroristes sont dénoncés avec habilité par une plume proche du lyrisme de Léopold Sedar Senghor. L’auteur démontre une bonne maîtrise des jeux de sonorité qui donnent une certaine suavité à l’ensemble du texte.

Le feu dans cette ambiance n’est qu’un symbole pour décrire les amours et les haines du poète. Les beautés sont naturellement exaltées et les vilénies décriées. Cette dualité est omniprésente d’un poème ou d’une strophe à l’autre. « Il y a des jours chauds/ jours malaise/ jours de thermo haut/ jours fournaise » tout comme « il y a des jours beaux/ jours cadeaux/ jours de foire expos/ jours Rimbaud », écrit Samba Ndiaye (p.65).

La qualité de cette œuvre réside dans la conciliation du vécu immédiat, des souvenirs lointains et des sentiments typiquement poétiques. La mondanité et la conscience inspirent ici des mélodies de feu, porteuses de flammes inédites qui enchantent et interpellent en même temps.

Natif de Saint-Louis au Sénégal, Samba Ndiaye a longtemps roulé sa bosse comme professeur de français et chevalier du micro en Algérie et dans sa patrie. Dans le cadre de l’écriture, il est détenteur du Grand Prix de poésie de la Maison africaine de la poésie internationale.

La Rédaction

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