Les contes picturaux du peintre Slimen

Les contes picturaux du peintre Slimen

La peinture poétique et onirique du Slimen Elkamel est désormais à portée du public parisien. Début février 2022, quelques jours avant le vernissage de son exposition à l’Institut du monde arabe (IMA), l’artiste tunisien est arrivé avec une toile, une immense fresque XXL, roulée sous le bras, qui a trouvé sa place sur un grand pan de mur de l’IMA et qui s’affirme comme le point d’orgue d’une très belle exposition.

La galerie La La Lande, qui représente Slimen Elkamel, a organisé ce « Parcours Slimen Elkamel à Paris » dans trois lieux parisiens : sa propre galerie, celle de Nouchine Pahlevan et à l’Institut du monde arabe, offrant ainsi au peintre sa première exposition muséale. « À cœur ouvert », à l’IMA, retrace le cheminement parcouru par l’artiste en 12 ans de création. Sa peinture se nourrit des paysages de son enfance, ceux de Mezzouna, petite ville tunisienne dans la région de Sidi Bouzid, dans le centre du pays.

Un ancrage local, un parcours international

Né en 1983, dès son plus jeune âge, il est baigné par les récits populaires où tradition du conte et poésie se côtoient. Il suit des études à l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis. Depuis 2011, Slimen Elkamel a participé à plusieurs expositions et foires d’art internationales : en Tunisie, en France, à Dubaï, au Sénégal, au Maroc, en Angleterre, etc. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections, privées et institutionnelles. Et c’est à travers les prêts de différents collectionneurs que l’on peut découvrir l’évolution qui traverse ses toiles en même temps que ses questionnements : ses inquiétudes sur l’avenir après les printemps arabes, la dénonciation de la dictature, l’excès de la société de consommation, la relation entre l’individu et la société…

Du noir et blanc et au découpage en saynètes, sa peinture est passée progressivement à la couleur. Les toiles se sont couvertes de symboles, de codes, de traces où apparaissent des personnages qui flottent. Entre Miró et Chagall, Slimen Elkamel nous plonge dans des contes picturaux à imaginer.

Un travail de l’écriture à la peinture

Avant la toile, il y a le papier. Slimen Elkamel écrit des textes poétiques à propos de ce qui l’entoure, note ses réflexions, des conversations imaginaires, raconte des songes. « Enfant, j’ai rêvé de devenir conteur ou poète, et ce rêve m’a finalement habité, disparaissant de mon horizon pour s’inscrire au plus profond de moi », écrit Slimen Elkamel. À partir de cette pratique d’écriture extrêmement régulière, il nourrit son univers plastique. Le récit et l’image se mêlent, se répondent pour fusionner dans une démarche picturale unique. « L’interaction entre écriture et peinture engendre alors une œuvre colorée et foisonnante où les multiples références au réel n’empêchent pas l’éclosion d’un imaginaire démesuré », commente Ronan Grossiat, commissaire de l’exposition.

Des histoires pour enfants

« Je cherche toujours à expérimenter de nouvelles techniques. J’ai expérimenté les broderies, les dessins, les transferts sur papier. J’ai installé un dispositif de sérigraphie chez moi. Mais ce n’est pas la technique qui prédomine dans l’évolution de mon travail. La narration reste le facteur dominant de mon travail », explique-t-il. Depuis 2016, il introduit un mouvement répétitif de points qu’il considère aussi comme des éléments de la nature, une manière de passer de l’écriture à la peinture. Slimen Ekamel nous invite dans son monde où la couleur se diffuse dans de grandes toiles, les personnages se mêlent à la nature et aux animaux pour nous conter des histoires « comme celles que l’on raconte aux enfants, mais celles-ci ne sont pas pour nous endormir mais pour nous éveiller ». Éveiller notre conscience, voilà son propos. (…)

La Rédaction

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