Le talent démultiplié d’Amala Dianor

Le talent démultiplié d’Amala Dianor

Danseur révélé notamment chez Emanuel Gat, Amala Dianor est depuis dix ans un chorégraphe réputé. Dans ses ballets d’une folle énergie, il fusionne admirablement hip-hop et danse contemporaine. À Suresnes Citées Danse, le week-end du 15 au 16 Janvier 2022.

On suit, depuis déjà quelques saisons, le travail d’Amala Dianor. Après avoir été un interprète exceptionnel, notamment pour Emanuel Gat, il s’est lancé dans l’aventure d’une compagnie à son nom. Dix ans déjà depuis « Crossroad » sa première chorégraphie prometteuse. Dianor est passé par le hip-hop qu’il enrichit d’une lecture contemporaine. Partageant le plateau avec ses complices Johanna Faye et Mathias Rassin, il ne signe avec « Point Zéro », tout juste créé, une ode au mouvement. Il accentue le travail du bassin, ose l’ondulation du corps pour déconstruire la forme du trio. On ne sait plus trop qui, des danses urbaines ou contemporaines, contamine l’autre. En creux, le chorégraphe brosse une autobiographie de trois amis peu à peu rattrapés par le temps qui passe. « Point Zéro » ne tient néanmoins à distance la nostalgie, privilégiant l’énergie de la danse.

La transmission selon Dianor

Autre élan, « Wo-Man », présenté au même programme, raconte la transmission selon Amala Dianor. Il a donné son solo, « Man Rec », à une jeune soliste virtuose Nangaline Gomis. Formée au Conservatoire national supérieur de danse de Lyon, elle y rencontre Amala. Ce dernier aura l’idée de réécrire le ballet au féminin. Sous nos yeux, la soliste prend différents visages, celui d’une guerrière ou d’une enfant. Sur la musique électronique d’Awir Léon, la gestuelle de Gomis est précise, inventive. Les décharges d’adrénaline semblent parcourir les membres de la danseuse jusqu’à l’épuisement.

Dianor sait mettre son talent au service des autres. Il le prouve avec le projet « Siguifin », réunissant neuf danseurs africains et trois autres chorégraphes. « A partir du brassage des gestuelles, issu du travail en résidences de création, je vais tisser un fil rouge, une toile qui relie et respecte les trois propositions chorégraphiques pour sculpter cet être magique. Je m’intéresserai à ces jeunes artistes, porté par cette question : quel est leur présent, quel futur construisent-ils ensemble en dialogue avec le monde ? » explique Amala Dianor. Le résultat enchante par la générosité de chacun.

La Rédaction

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