Le « monsieur photographie » de Waremme s’en est allé

Le « monsieur photographie » de Waremme s’en est allé

Le photographe Aristide Koudaya, organisateur des Rencontres photographiques à Waremme, est décédé ce vendredi 11 février 2022.

Son sourire ne flashera plus les cœurs. Aristide Koudaya, que tout le monde appelait Aris, est décédé ce vendredi. Ce photographe bien connu dans la capitale hesbignonne, notamment pour avoir été l’organisateur des Rencontres photographiques, a été emporté par une crise cardiaque à seulement 51 ans. Et beaucoup se sont émus sur les réseaux sociaux de cette disparition. C’est que ce Waremmien d’origine togolaise a marqué les esprits, telle une image immortelle désormais figée sur la pellicule des mémoires.

« Je n’étais pas un intime d’Aris mais je le connaissais comme tous les élus de la ville et toutes les personnes actives dans la vie sociale à Waremme, exprime l’échevin Raphaël Dubois. Aris avait beaucoup d’idées de développement à la fois économique et culturel, pour la ville mais aussi de manière générale. C’était un économiste de formation qui avait un regard très culturel sur les choses. Il mettait également son réseau et ses connaissances au service de sa ville. »

Cet époux, papa d’une fille et d’un garçon, estimait qu’en Wallonie, la culture manque de structure, d’ambition. « Pour lui, culture et économie n’étaient pas dissociables. Il pensait dur comme fer que rendre la culture rentable permettrait de proposer plus de culture, dans une sorte de cercle vertueux. Un peu comme cela se fait en Flandre et aux Pays-Bas. » Et le photographe qu’il était aspirait à de grandes choses, notamment pour les Rencontres photographiques qu’il organisait à Waremme depuis de nombreuses années. Un événement qui rassemblait autour de la photo des milliers de visiteurs à chaque édition. Il était aussi président du club de photographie du centre culturel de Waremme, où il donnait des ateliers. « C’était une personne vraie et franche avec qui on pouvait parler de tous les sujets. La question de l’Afrique le préoccupait beaucoup aussi. »

« Il parlait avec tout le monde »

Le conseiller Frédéric Ruelle, lui, a fait nombre de trajets en train avec Aris. « Il avait travaillé pour la SNCB tout un temps, avant de reprendre un boulot comme économiste, dit-il. C’était toujours un plaisir de parler avec lui et son épouse durant les trajets. »

Et le conseiller le confirme : « il avait une réelle ambition de faire des Rencontres photographiques un événement qui dépasse les simples limites de la ville. Le meilleur hommage qu’on peut lui rendre, c’est de poursuivre son travail autour de cet événement. Je pense que tout le monde à la Ville sera d’accord avec ça. » Ce qui a marqué Frédéric Ruelle, c’est sa vision numéraire des choses. « En bon économiste qu’il était, il avait une approche très précise et statistique de toutes choses. Il aspirait à une société hyper rationnelle. »

Le photographe était également profondément humaniste. « Il parlait avec tout le monde, quelles que soient sa couleur politique, sa culture, sa vision des choses… Avec Michel Mottard décédé il y a deux ans (NDLR : un autre photographe bien connu à Waremme, lui aussi décédé d’une crise cardiaque), ce sont deux grandes figures qui disparaissent. »

La Rédaction

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