Le journaliste tunisien Amer Ayad condamné à quatre mois de prison

Le journaliste tunisien Amer Ayad condamné à quatre mois de prison

Le 08 avril 2022, un tribunal militaire tunisien a condamné le journaliste de télévision à quatre mois de prison pour « offense » envers le chef de l’État. Cette condamnation fait suite à de vives critiques relatives à certaines de ses décisions, selon l’avocat de la défense.

Amer Ayad, présentateur de la chaîne Zitouna TV, reste en liberté en attendant une décision sur le recours qu’il a déposé devant la Cour d’appel, a ajouté Me Samir Ben Amor.

Il est poursuivi depuis octobre 2021 par le tribunal militaire de Tunis après la diffusion d’une émission dans laquelle il s’en était pris au président Kais Saied.

À l’antenne, il avait critiqué la nomination de Najla Bouden, première femme à prendre la tête du gouvernement en Tunisie. « Elle ne sera qu’un serviteur du Sultan (Kais Saied, NDLR) et un exécutant de ses ordres », avait-il dit, estimant que le président, un « populiste », n’avait pas réussi à trouver un homme pour le poste.

Il avait été arrêté en octobre dernier puis remis en liberté deux mois plus tard dans le cadre de cette affaire.

Parmi les invités de cette émission figurait Abdellatif Al-Aloui, membre de la formation islamo-conservatrice Al-Karama, alliée du parti d’inspiration islamiste Ennahdha.

Poursuivi par la justice militaire dans la même affaire, il a été condamné à trois mois de prison et a également fait appel de cette décision, selon Me Ben Amor.

Des ONG locales et internationales ont dénoncé les poursuites judiciaires engagées contre des civils par des tribunaux militaires, estimant qu’elles se sont intensifiées depuis le coup de force le 25 juillet du président Saied qui s’est arrogé les pleins pouvoirs.

Après avoir suspendu le Parlement, fin juillet, et limogé le gouvernement, M. Saied a dissous en février le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une mesure qualifiée de nouvelle dérive autoritaire par ses détracteurs et qui a suscité des inquiétudes pour l’indépendance de la justice.

La Rédaction

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