Le chef André rêve d’une immense usine chocolatière en Afrique

Le chef André rêve d’une immense usine chocolatière en Afrique

Des tablettes à la pâte à tartiner, en passant par le cacao en poudre, la glace et les viennoiseries… Chez le chef burkinabè André, le chocolat se décline sous toutes les formes et couleurs. Chaque bouchée se déguste dans les règles de l’art.  « Croquez un bout, laissez-le fondre entre la langue et le palais, respirez profondément et fermez les yeux », guide l’artisan de 49 ans en savourant un morceau de chocolat noir au sésame grillé.

André Bayala est le seul chocolatier du Burkina Faso et chez lui, le cacao doit être importé de Côte d’Ivoire faute de plantations. Le passionné rêve d’imposer cette confiserie dans la culture culinaire du pays.

Déterminé à mettre de l’avant son entreprise et réaliser son rêve d’enfant qui est celui de faire en sorte que le chocolat burkinabé soit le meilleur d’Afrique et pourquoi pas du monde, il peut passer ses nuits seul derrière ses casseroles à goûter, créer, expérimenter, à la recherche de nouvelles recettes et du meilleur dosage.

Avant d’ouvrir sa première boutique, en 2018, André Bayala est parti de loin. Faute de formation professionnelle, il a commencé par la plonge au restaurant universitaire de Ouagadougou, avant de tenter l’aventure. A 25 ans, il traverse le Sahara puis la mer Méditerranée, dans une petite barque, pour espérer rejoindre l’Espagne. « La moitié des passagers sont morts noyés et on m’a renvoyé au Sénégal, où je ne connaissais personne », raconte l’autodidacte, qui y montera sa première pâtisserie, avant de faire faillite.

De retour au Burkina, il lui faudra grimper les échelons jusqu’à devenir chef pâtissier dans un restaurant, où il est repéré pour participer au concours du meilleur chocolatier d’Afrique en 2016, à Abidjan. Le lauréat se voit ensuite proposer un stage dans une des meilleures chocolateries suisses. « On m’a même offert de rester, mais je voulais rentrer en Afrique pour transmettre à mon tour », explique celui qui a été distingué meilleur ouvrier du Burkina en 2015.

Aujourd’hui, pour développer la main-d’œuvre locale, André Bayala rêve de voir fleurir la filière cacao au Burkina et espère bientôt récolter ses premières fèves dans le sud-ouest du pays, où il vient de commencer des plantations tests. « On continue d’importer des tablettes d’Europe, deux à trois fois plus cher, c’est une aberration. La plus grande usine de chocolat devrait être en Afrique », fustige l’artisan.

La Rédaction

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