L’artiste Moho Sahraoui expose à la galerie Mohamed Racim à Alger

L’artiste Moho Sahraoui expose à la galerie Mohamed Racim à Alger

Installé en France depuis quelques années déjà, Mohamed Sahraoui, alias Moho, fait une escale heureuse dans son pays natal pour dévoiler aux esthètes une série d’œuvres anciennes et nouvelles. Bien que cette exposition soit visible depuis le 1er septembre, le vernissage a été fait  le 3 septembre 2022, à la galerie Mohamed Racim. 

Pour la circonstance, Moho Sahraoui expose une cinquantaine d’œuvres colorées aux dimensions variées et aux techniques diverses. L’artiste présente innocemment une sorte de rétrospective de son travail puisqu’il exhibe des toiles anciennes datant de 2004, 2005, 2005, voire de 2022. Sa peinture regorge de couleurs éclatantes et de lumière. Il faut dire que la lumière en peinture reste une constante incontournable chez cet artiste autodidacte assez doué. Si Habituellement Moho squatte son atelier en France pour aboutir au final à deux ou trois œuvres finies par an quand il vient en vacances à Alger, durant la saison estivale, la donne change. 

Il avoue quand il fait escale à Alger, il y a une certaine pression qui s’installe chez lui pour produire à grande cadence. Il se plaît à travailler sur une série de tableaux, utilisant différents thèmes et techniques. Perfectionniste et exigeant à la fois, il intervient très souvent plusieurs fois sur une même toile. C’est ce qui explique en partie cette combinaison de champ de dates sur une œuvre finie. Tout le monde l’aura compris, le travail de Moho Sahraoui est une accumulation de matières et de phases. 

En sus de la peinture à l’huile, le plasticien utilise du sable pigmenté avec des dizaines de couleurs différentes. Pour lui, le sable est le squelette du dessin ou encore de l’œuvre. Après le séchage de la peinture, il fixe avec du sable. Selon lui, le sable peut avoir deux dimensions distinctes : il peut être support ou expression. «Le sable, dit-il, peut être lui-même dessin.» Par la suite, il intervient sur l’étape harmonieuse de couleurs bien sélectionnées. 

L’artiste revient encore une fois sur la toile avec une autre technique, celle de l’acrylique. Mieux encore, il utilise la technique picturale du dripping, rattachée à l’artiste peintre américain de l’expressionnisme abstrait, mondialement connu Jackson Pollock. Le dripping (de l’anglais to drip, «laisser goutter») consiste à faire des superpositions de plusieurs couleurs d’un même spectre sur des surfaces horizontales. Cette technique du dripping rappelle un peu à Moho les tatouages. Sinon en termes de couleurs, il s’inspire des couleurs de Van Gogh. Son coup de pinceau est expressif et impulsif. 

On retrouve des couleurs audacieuses, telles que les rouges et les ocres avec cependant une préférence pour les tons bleus. Une couleur qui fait un joyeux clin d’œil au ciel ou encore à la méditerranéen. En somme, la peinture de notre artiste n’est autre qu’une synthèse de styles oscillant entre le cubisme, l’abstrait, l’expressionnisme et l’impressionnisme. Moho Sahraoui refuse de définir sa peinture mais précise que les différentes écoles artistiques dont il s’intéresse contribuent à l’enrichissement de son parcours et travail. «J’ai mon propre langage en peinture. 

Ma peinture est géométrique mais pas cartésienne. Je garde mon côté africain avec cette liberté et ce côté amorphe», précise-t-il. Pour rappel, Moho Saharoui est un pur autodidacte. Il est ingénieur en aménagement du territoire et licencié en philosophie de l’art. Depuis l’année 1992, il se consacre corps et âme à la peinture, à la caricature et au dessin de presse. L’homme est un électron libre qui n’aime pas se cantonner dans la routine ou encore dans la monotonie. Il aime se ressourcer et se renouveler en allant vers d’autres challenges qui lui tiennent à cœur. 

Preuve en est avec ces performances artistiques en live, accompagnant des musiciens sur scène, comme entre autres Gnawa Diffusion à Grenoble. Moho Sahraoui compte bien gratifier le public algérois, lors d’un vernissage, d’une installation autour d’une valise en carton qu’il customisera à sa convenance. Il y aura également une autre installation de toiles et d’autres objets : manière singulière d’évoquer l’art et l’exil.

La Rédaction

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