Kémi Séba, l’activiste panafricaniste et militant anti-franc CFA

Kémi Séba, l’activiste panafricaniste et militant anti-franc CFA

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, né le 9 décembre 1981 à Strasbourg est un activiste anticolonialiste et chroniqueur politique de télévision en Afrique. Essayiste franco-béninois, il est une figure du radicalisme noir et du panafricanisme contemporain.

Stellio Gilles Robert Capo Chichi est né en France de parents béninois. D’autres origines (ivoirienne et haïtienne) lui ont cependant été parfois attribuées. Après un an et demi passé au sein de Nation of Islam à Paris, qui lui aurait donné ses bases idéologiques et ses capacités d’orateur, il prône la « revalorisation de la race noire », qui passe selon lui par la « séparation » des Noirs et des Blancs (qu’il nomme « leucodermes ») « descendants d’esclavagistes colonisateurs » et qui selon lui, pour beaucoup, pratiquent encore le rejet des Noirs. Il s’est présenté en 2007 comme un « militant de métier au service des citoyens victimes de racisme, à cause de la couleur foncée de leur peau », vivant « des dons de ses sympathisants, 300 à 600 euros par mois ».

Alliant panafricanisme et kémitisme, il participe à la fondation du groupuscule noir radical Parti kémite en 2002, dont il est pendant deux ans le porte-parole national, avant de quitter ce dernier le trouvant trop intégrationniste à son goût. En cette période il adopte le pseudonyme « Kémi Séba », transcription francisée d’un terme égyptien signifiant « Étoile Noire ».

Puis, en décembre 2004, il fonde la Tribu Ka, cette dernière organisation étant considérée comme un mouvement politico-mystique d’obédience kémite.

Séba apparaît sur la scène médiatique française en mai 2006 en réalisant une descente dans le quartier juif historique de la rue des Rosiers à Paris (4e arrondissement) en étant accompagné des militants de son groupuscule, la Tribu Ka. Cette opération a conduit le ministre de l’Intérieur à dissoudre l’organisation, en juillet 2006, pour « incitation à la haine raciale » et « antisémitisme ». Il a été par ailleurs, plusieurs fois condamné par la justice française pour provocation à la haine raciale, propos antisémites, outrages.

En juillet 2008, il se convertit à l’islam après son séjour en prison et affirme avoir abandonné ses références « suprémacistes » au profit d’une vision « ethno-différencialiste », ne pensant plus que « l’homme blanc est le diable ».

Le 14 juillet 2010, il annonce le lancement du Black Pempers Center, un centre de loisir destiné aux enfants noirs en France. Kémi Séba se justifie en niant que ce centre de loisir soit réservé aux enfants noirs mais qu’il est ouvert aux enfants de toutes origines dont les parents souhaitent qu’ils acquièrent une connaissance de l’Afrique.

En octobre 2012, Kémi Séba est frappé d’une interdiction d’entrer en Suisse alors qu’il doit y tenir une conférence à l’invitation de la branche suisse du mouvement d’extrême droite Égalité et Réconciliation, les autorités suisses craignant qu’il puisse à cette occasion troubler l’ordre public et lancer des appels à la haine raciale. Cette interdiction se reproduit lors de sa venue suivante le 18 mai 2013 à Genève.

Kémi Séba redevient en 2010 membre de la Nation of Islam avant de la quitter à nouveau en 2013. Il conseille depuis janvier 2013 le New Black Panther Party (sans pour autant en être membre). Il rejoint en 2014 l’école du pérennialisme et se fait depuis lors, un virulent défenseur des thèses de la « tradition primordiale », comme il l’expose dans son second ouvrage Black Nihilism.

Il participe ou organise néanmoins des conférences, des manifestations politiques ou culturelles qui se déroulent en Afrique, en France, en Belgique et à Haïti.

En 2013, il sort un essai intitulé Supra-Négritude, traitant de la négritude, de l’histoire du panafricanisme et du retour à la terre mère des afro-descendants afin de contribuer au développement de leur continent. En septembre 2014, il sort son second essai intitulé Black Nihilism et se fait arrêter le 13 septembre 2014 à la sortie de sa conférence de présentation de son ouvrage au théâtre de la Main d’Or, à Paris. Il est arrêté pour l’exécution d’une condamnation de 2008. Le sursis dont il avait à l’époque bénéficié avait été révoqué en 2011 pour le non-respect de sa mise à l’épreuve. Il est présenté le lendemain au parquet de Paris et purge sa peine.

Il est, en janvier-février 2017, l’initiateur de manifestations contre le franc CFA qui se sont déroulées dans plusieurs pays d’Afrique francophone, dont le Mali. Pendant qu’il s’apprête à quitter le pays, il est arrêté et contrôlé par Interpol à l’aéroport de Bamako qui l’interroge sur ses activités anti franc-CFA. Il est relâché au bout de 30 minutes.

En septembre 2017, Séba est accusé d’être « une menace grave pour l’ordre public » après avoir brûlé un billet de franc CFA afin de protester contre le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays d’Afrique francophone. Il est expulsé du Sénégal vers la France. En octobre 2017, il arrive à l’aéroport de Cotonou, où il reçoit, d’après Xalima et Benin Web TV, un accueil triomphal. Il décide dès lors de s’y installer et d’y continuer son combat politique.

Le 2 mars 2018, Kémi Seba est refoulé de l’aéroport international de Conakry, alors qu’il venait en Guinée pour y donner une série de conférences portant sur les questions de souveraineté africaine conjointement avec le mouvement « Le peuple n’en veut plus ». Il est renvoyé à Cotonou.

En février 2018, il est reçu en Guadeloupe par le syndicaliste Élie Domota.

Le 29 juin 2018, Kémi Séba publie un nouvel essai intitulé L’Afrique libre ou la mort. Cet ouvrage est préfacé par Élie Domota, Alexandre Douguine, Biram Dah Abeid, Djimon Hounsou, Nicolas Anelka, tous apportant leur soutien à l’auteur.

Le 7 août 2018, attendu au Togo pour une manifestation contre la Françafrique et la dictature, Kémi Séba est refoulé à la frontière au motif qu’il serait une menace pour l’ordre public. Il est renvoyé au Bénin.

Le 26 août 2018, Kémi Séba est reçu au Burkina Faso par le président de la République Roch Marc Kaboré.

En mars 2019, toujours dans le cadre de sa lutte contre le franc CFA, Kémi Séba se rend en Côte d’Ivoire et tente d’y organiser une manifestation. Il en est expulsé vers le Bénin en raison de « risques potentiels de troubles » liés à la manifestation. À son arrivée à Cotonou, il est interrogé par la police béninoise.

En décembre 2019, tout en accusant la France d’être en partie responsable du terrorisme au Sahel, Kémi Séba se met à la disposition des armées régionales, afin de lutter contre les djihadistes. Il propose ainsi, aux présidents du G5 Sahel, la création d’un groupe de « Volontaires civils panafricanistes » dirigés par les membres de son association mais formés par les armées régionales.

En octobre 2020, bien qu’étant interdit de séjour en territoire ivoirien, Kémi Séba se rend clandestinement en Côte d’Ivoire et demande un report de l’élection présidentielle de 2020, s’opposant à un troisième mandat d’Alassane Ouattara.

La Rédaction

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