Kapwani Kiwanga, lauréate du 20e prix Marcel-Duchamp

Kapwani Kiwanga, lauréate du 20e prix Marcel-Duchamp

Kapwani Kiwanga, née en 1978 à Hamilton, dans l’Ontario, au Canada, est une artiste contemporaine canadienne originaire de la Tanzanie et vivant à Paris. Fort de son talent, elle ne cesse de garnir son armoire à récompense au fil des années qui abrite notamment le prestigieux prix Marcel Duchamp 2020.

Formation

Après des études en sciences sociales (cursus en Anthropology and Comparative Religions à l’université McGill à Montréal au Canada), Kapwani Kiwanga s’installe en France en 2005 et suit le programme de recherche La Seine de l’École des beaux-arts de Paris. Ce programme permet à de jeunes artistes de toutes nationalités, déjà diplômés, de développer un projet artistique pendant 18 mois, en bénéficiant d’une émulation collective. Par la suite elle étudie au centre de formation Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains.

Carrière

Dans son travail artistique, Kiwanga utilise sa double formation en sciences sociales et arts visuels pour créer des œuvres qui examinent les sociétés contemporaines post-coloniales. Ce travail est montré en 2013 au Centre Pompidou, et au Jeu de Paume, toujours à Paris en 2014. En mars 2016, elle est invitée de la foire internationale The Armory Show de New York. Elle se voit décerner différentes distinctions : le prix Sobey en 2018, le Frieze Artist Award de New York, la bourse ADAGP-Étant donnés en 2018 également. En 2020, elle est lauréate du prix Marcel-Duchamp.

Œuvres

Kapwani Kiwanga s’intéresse à la mémoire d’événements historiques et à la multiplicité des points de vue possibles afin d’en déconstruire les récits habituellement admis et enseignés.

Afrogalactica

Initié en 2011, Afrogalactica est un cycle de performances imaginée par Kapwani Kiwanga dans lesquelles l’artiste se met en scène comme anthropologue venue du futur pour raconter l’histoire des États-Unis d’Afrique créés en 2058. Reposant sur le dispositif de la conférence universitaire impliquant sérieux et autorité, l’artiste présente une histoire imaginée nourrie de références à l’Afrofuturisme en la figure de Sun Ra et aux penseurs de la décolonisation tel Frantz Fanon. Cette fiction spéculative prend la forme d’un collage d’extraits de films, de clips musicaux et de documents divers.

Maji Maji

En 2014, Kiwanga présente au Jeu de Paume une installation intitulée Maji Maji basée sur la rébellion des Maji-Maji, un soulèvement de plusieurs tribus d’Afrique orientale (maintenant la Tanzanie) contre les autorités coloniales allemandes entre 1905 et 1907. La révolte contre l’occupant éclata à l’instigation d’un médium connu sous le nom de Bokero qui distribuait à ces adeptes de l’eau sacrée (“maji”) supposée les protéger lors des combats en transformant les balles allemandes en eau. La croyance des combattants dans le surnaturel était un moyen de galvaniser les insurgés. Dans ce travail, Kiwanga se penche sur les vides subsistant dans la mémoire de l’événement ainsi que sur l’imagination surnaturelle qui l’habite.

Flowers for Africa

Avec Flowers for Africa (des fleurs pour l’Afrique), Kiwanga recrée les bouquets de fleurs composés lors des cérémonies et manifestations liées à l’indépendance de pays africains. Les sources visuelles de Flowers for Africa sont issues de fonds d’archives d’agences photographiques et d’agences de presse ou encore des archives nationales des pays décolonisés. L’artiste s’intéresse ainsi à la mise en scène des nouvelles nations africaines souveraines.

La Rédaction

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