Julie Mehretu, artiste explosive aux deux cultures

Julie Mehretu, artiste explosive aux deux cultures

Née en Éthiopie le 28 novembre 1970, Julie Mehretu est une plasticienne Éthio-Américaine travaillant à New York. Entre art figuratif et art abstrait, ses immenses tableaux sont des explosions de formes et de couleurs empruntant notamment à l’architecture et jouant sur les effets de transparence.

Biographie

Née le 28 novembre 1970 à Addis-Abeba, d’un père éthiopien et d’une mère américaine, elle y vit jusqu’en 1977, lorsque sa famille quitte l’Afrique pour s’installer aux États-Unis. Ses parents, raconte-t-elle, « ont reconstitué l’atmosphère d’une maisonnée éthiopienne dans le Michigan ». Elle passe son adolescence dans cet État du Michigan et obtient un MFA (Master of fine Arts) à la Rhode Island School of Design en 1997. Elle est en résidence au Musée des Beaux-Arts de Houston en 1998-99 puis s’installe à New York où elle vit et travaille, avec sa partenaire la plasticienne Jessica Rankin. Le couple a deux fils.

Plusieurs de ses œuvres ont été présentées lors de l’exposition Ethiopian Passages en 2003. Elle participe à l’exposition Africa Remix (Paris, Centre Georges-Pompidou, 2005).

Dans une publication intitulée Poetry of Sappho, elle a également illustré les traductions anglaises de la poétesse grecque Sappho, réalisant vingt imprimés, placés en alternance avec les textes grecs et leur traduction anglaise. Ces gravures peuvent évoquer les figures abstraites de Kandinsky, entre dessins architecturaux, et formes graphiques ou calligraphiques.

En septembre 2005, elle est lauréate du prestigieux Prix MacArthur, qui lui assure une bourse de 500 000 dollars sur cinq ans pour développer ses activités.

Le MoMA a intégré plusieurs de ses œuvres dans ses collections permanentes, et elle expose de manière régulière à New York, Londres et Berlin (où elle a vécu en résidence artistique en 2007). En 2010, elle a terminé une fresque murale de 24 mètres de long commandée en 2007 par la banque d’affaires Goldman Sachs pour le hall d’entrée de son nouvel immeuble.

Oeuvre

Ses tableaux, souvent de taille impressionnante, consistent en de grands tourbillons de couleurs, de traits et de formes. Chacune des œuvres est à la limite entre la figuration et l’art abstrait, et peut rappeler par certains aspects le futurisme du début du xxe siècle. Le trait est rapide, énergique. Les toiles superposent des éléments architecturaux partiellement reconnaissables (façade, porte…), des cartes géographiques, ou d’autres éléments figuratifs à des éléments purement graphiques, en couches très minces, avec des effets de transparence et des couleurs furtives.

Ses thèmes sont divers. Un tableau noir et blanc de 2004, The Seven Acts of Mercy, [Les sept actes de miséricorde], fait ainsi référence à une peinture éponyme du Caravage, avec plusieurs points de fuite autour d’une structure centrale presque religieuse. Un an plus tard, en 2005, une série de gravures intitulée Heavy Weather est inspiré d’un fait d’actualité, l’ouragan Katrina et ses ravages.

Elle est peut-être l’un des peintres Ethio-américains les plus importants de sa génération, et, en tout état de cause, parmi ceux dont les œuvres atteignent des montants les plus importants.

La Rédaction

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