Jean Eudes Kacou veut vulgariser le poivre ivoirien

Jean Eudes Kacou veut vulgariser le poivre ivoirien

Grâce à l’agroforesterie, l’entrepreneur Jean Eudes Kacou veut promouvoir la culture du poivre bio de Tiassalé. Il a fondé Kapécé avec pour objectif de faire du poivre ivoirien un produit d’exception au niveau mondial.

L’entreprise Kapécé veut mettre sur le devant de la scène culinaire ivoirienne et internationale le poivre de Tiassalé. Pour ce faire, elle mise sur l’agroforesterie, un mode d’exploitation des terres agricoles associant des arbres matures et des cultures pour obtenir des produits bio tout en évitant de détruire les sols et la nature. C’est sur un espace de 10 hectares dans la ville de Tiassalé que l’entreprise expérimente cette méthode, où plusieurs fruits se côtoient. Son produit phare, le poivre, est mis en vente sous sa forme brute, mais aussi transformé notamment en confitures et pépites assaisonnées.

A l’origine de cette initiative, l’entrepreneur Jean Eudes Kacou. En 2015, celui qui a fait de longues études en France et en Chine, puis travaillé en Côte d’Ivoire dans la distribution, a décidé de tout abandonner pour se tourner vers le travail de la terre. Il reprend la plantation familiale avec la motivation de créer une production plus respectueuse de l’environnement.

« J’ai appris qu’on pouvait faire soi-même ses engrais, notamment en agroforesterie : le cacao produit beaucoup de feuilles, ça fait notre compost. Les feuilles mortes, les branchages, les fruits aussi sont utilisés… Tout ça concourt à faire une économie fermée », renseigne-t-il.

En Côte d’Ivoire, la filière poivre prend de l’ampleur. D’environ 20 tonnes en 2011, la production locale a atteint 180 tonnes en 2020. Sur l’ensemble du territoire national, on compte environ 80 grands producteurs de poivre. La vulgarisation de cette culture a été rendue possible grâce aux multiples actions de promotion menées par le Centre national pour la recherche agronomique (CNRA), et la Coopérative des producteurs de poivre sélectionné de Côte d’Ivoire (OPPSCI).

Toutefois, l’offre actuelle étant encore loin de répondre à la consommation locale qui s’élève à environ 300 tonnes par an, le pays comble ce manque avec des importations de la France, du Brésil, ou du Mali. Pour les experts de la filière, la solution à ce manque passe par la sensibilisation des Ivoiriens aux avantages de cette culture.

« Pour faire du poivre nous avons juste besoin de deux hectares qui nous permette de produire au minimum 10 tonnes à l’hectare. Donc, si un grand nombre de personnes s’intéresse à la culture du poivre nous n’aurons pas besoin de grandes superficies. Ce ne sera pas comme le café ou le cacao où il faut 40, 100 hectares pour générer suffisamment de revenus », avait recommandé Felix Kouamé, président de l’OPPSCI.

Multiplier des initiatives comme celles de Jean Eudes Kocou pourrait permettre au pays de satisfaire la demande nationale. Pour le moment, l’entreprise Kapécé écoule ses produits principalement dans les épiceries fines d’Abidjan. Le fondateur espère faire du poivre de Tiassalé un produit réputé au même titre que le fameux poivre de Penja au Cameroun.

La Rédaction

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