Hisham Oumlil, une griffe marocaine à New York

Hisham Oumlil, une griffe marocaine à New York

C’est à Chelsea, quartier des galeries d’art et des fleuristes à New York que le styliste marocain a choisi d’installer son atelier de prêt-à-porter pour homme et d’amorcer ce faisant, son chemin dans l’univers de la mode. Né en  1972 à Casablanca, Hisham Oumlil a une vision de la mode assez proche des vêtements qui subliment, près du corps et une clientèle aussi huppée que cosmopolite.

Natif de Casablanca, Hisham Oumlil est installé à New York. Il travaille pendant dix ans dans l’industrie de la mode, au sein de prestigieuses compagnies telles que Loro Piana, Rocco Ciccarelli, Hermès et Versace. En 2005, Hisham fonde sa marque Oumlil.

Débarqué bac en poche à San Francisco à l’âge de 21 ans, Oumlil s’est colleté avec la réalité du métier en apprenant sur le tas jusqu’à devenir directeur du sur-mesure dans la maison de l’Italien Loro Piana, en 2003.

« L’Homme Oumlil » fait partie de cette «nouvelle jeunesse» cosmopolite, âgée entre 30 et 40 ans. Sa griffe est reconnaissable à la poche intérieure barrée de deux lignes aux tons gris et blanc, l’effort et la paix sur fond vert, la couleur du paradis. Les matériaux sont nobles: le cuir, la laine, le coton, le lin et le cachemire. La coupe est minimaliste. Ce passionné de couture et collectionneur de ciseaux fait d’abord dans le sur mesure avant de se lancer dans le prêt à porter. Il construit une ligne de tailleurs et de trenchs qui surprennent par leur audace et leur originalité: des coloris déroutants, des détails finement décalés. Ses collections sont chics et raffinées mais avec toujours cette touche de modernité. Il y a là un style bien affûté pour cet ambassadeur du Maroc moderne.

C’est en 1993 que Hisham Oumlil s’est installé à San Fransisco, mais est resté très nostalgique de sa ville natale la Casablanca art déco du centre-ville, des petites maisons au charme discret dans les vieux quartiers résidentiels qui dégageaient cette sérénité, ce temps qui s’écoulait au ralenti. «J’ai toujours été fasciné par cette ville qui m’a énormément inspirée. De là, est née ma passion pour l’art», explique le styliste.

Cette notion d’élasticité, de liberté, d’infini est très présente dans sa nouvelle collection, Printemps/Eté 2012. Ligne épurée, touches fantaisistes, comme ce plissé dans les manches ou sur un col, des damiers classiques. Un crescendo de couleurs, de la sobriété du nude marron/gris, comme un rappel récurrent à la terre aux tons vert et bleu pour exploser dans un bouquet rose fushia. Jouant constamment sur le contraste clair-obscur, «mon côté ascète», dit-il. Il est sans cesse dans la contemplation et l’exploration de nouvelles associations de couleurs de matériaux et de coupes avant de donner jour à une nouvelle ligne, la dernière intitulée «60 sec», en hommage au 9/11, le jour où il est devenu citoyen américain.

Dans son atelier tout blanc, loin du rush des podiums, il aligne sa nouvelle collection dans un ordre précis. Il est fier de compter parmi sa clientèle, Oliver Stone. La garde-robe pour les avant-premières à Paris, Londres, Zurich et New York, de son film «Wall Street», est signée Oumlil. Il reconnaît cependant, que faire son chemin parmi les grands noms de la couture est une véritable gageure. «Pour monter une marque dans une ville comme New York, Paris ou Milan, cela exige énormément de moyens pour le marketing, la publicité, le placement de produit», explique ce self-made man.

Il ne désespère pas pour autant de trouver les fonds nécessaires pour se faire un nom dans l’univers très fermé de la mode. Un «milieu extrêmement difficile, mais combien passionnant» et imposer sa griffe de «prêt-à-porter artistique». Car il se définit comme tel. Il est un artiste. Il conçoit un tailleur, comme on fait une œuvre d’art et attend avec sérénité le moment de la consécration. Depuis, il présente chaque année ses collections à la Fashion Week de New York. En 2008, l’artiste est récompensé d’un award, celui de Star montante par le Fashion Group International. Son travail figure dans de nombreux ouvrages: American Beauty, répertoire des meilleurs créateurs américains depuis les années 1930, GQ, Black Book, City, Departures, Vanity Fair Italie, l’Officiel Brésil, Maroc d’Exception…

La Rédaction

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