Faustin Bilomba, musicien afro-tourangeau

Faustin Bilomba, musicien afro-tourangeau

Faustin Bilomba, ou Ntond’obe le Mâle, est installé à Tours depuis vingt ans. L’art de vivre de cet artiste camerounais conjugue musique, sport et sape. Des habits originaux, de nombreux bijoux, des tatouages (même sur le visage), difficile de ne pas remarquer Faustin Bilomba lorsqu’on le croise. Que ce soit à la Caf, où il est agent de sécurité, ou dans les rues de Tours.

Ntond’obe le Mâle, son nom d’artiste, se définit avant tout comme un auteur-compositeur-interprète d’afro-beat et de bikutsi. Arrivé à Paris du Cameroun en 2000, il est venu jouer à Tours pour une fête au Crous l’année suivante et y est resté. « La ville m’a plu. »

« Je dessine moi-même mes habits » Tourangeau depuis vingt ans, il n’est pas un inconnu. Ce musicien a, par exemple, en juin 2020, sorti un titre sur YouTube, Les Sans-abri, dont le clip a été tourné à Tours, qui a totalisé plus d’un million de vues, et dont il a reversé 40 % des bénéfices aux associations de Tours aidant les plus démunis. Dans la foulée, son album Métamorphose était sorti en ligne.

Un album pour « remonter le moral, mais aussi pour sensibiliser les gens qui veulent venir en Europe et braver les dangers de la traversée. Ce n’est pas la vie qu’ils imaginent. Être sans papiers, c’est difficile. Il faut faire des formations pour pouvoir travailler. L’Europe, ce n’est pas l’eldorado ! ». Ntond’obe le Mâle, qui a reçu un Oscar des Musiques africaines à Bruxelles, joue pour tous, « des concerts, des mariages, des fêtes, pas seulement pour la communauté africaine… ».

Chroniqueur sur Radio Béton, avec son émission Tam-tam d’Afrique, chaque samedi entre 9 h et 10 h, le Tourangeau est aussi un sapeur – c’est-à-dire un émule de la Sape, ou Société des ambianceurs et des personnes élégantes, mouvement culturel originaire d’Afrique centrale – qui aime les habits colorés et chics.

« Il change souvent de look, c’est un sapeur. Il sait très bien marier les couleurs. Même à la maison, il est bien habillé », précise, admirative, sa compagne Zakia, elle aussi à l’allure originale mais plus discrète, en évoquant le grand dressing et les nombreux accessoires, chapeaux, lunettes et bijoux du musicien. « Je suis sapeur depuis que je fais de la musique. J’aime aller dans les boutiques, mais surtout je dessine moi-même mes habits, que je fais réaliser par un styliste modéliste camerounais installé à Tours. Nous nous voyons tous les quinze jours. »

Une salle de gym dans son séjour

Un style, donc, mais aussi l’attitude qui va avec. « Tous les matins je me lève à 4 h 30 et je fais deux heures de sport avant de me préparer pour aller travailler. Je fais du jogging aussi. Je suis sportif, pendant mes spectacles je fais des trucs de malade, comme le grand écart. »

On le croit lorsqu’il affirme que son grand séjour est équipé d’une mini-salle de gym avec banc, vélo, haltères, ballon, sac de boxe…

Look recherché à la ville et énergie à revendre sur scène, Faustin Bilomba n’en confie pas moins : « J’aime être au calme, chez moi. Je n’aime pas sortir. Avec Zakia nous aimons cuisiner, nous sommes des épicuriens. Nous prions beaucoup, je suis protestant et elle musulmane, c’est le même dieu, qui j’espère, un jour, me fera croiser un producteur. »

Que Dieu l’entende, Ntond’obe signifie Dieu en fang, une des langues parlées au Cameroun.

La Rédaction

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