Eniafe Momodu ou les coulisses impressionnantes de la mode nigériane

Eniafe Momodu ou les coulisses impressionnantes de la mode nigériane

Place à la nouvelle garde de la mode et de la culture. Impressionnants et audacieux, les créateurs de la Gen-Z font bouger les lignes. Notre nouveau projet, Youthquake, vous invite à découvrir comment artistes, musiciens, acteurs, designers et mannequins imaginent un futur radicalement nouveau.

Les hommes sont partout les mêmes. Dès qu’il s’agit de porter des couleurs ou des silhouettes oversize un peu hors normes, ils se montrent plutôt timides. Partout ? Pas tout à fait. À Lagos, au Nigeria, c’est tout l’inverse. Les hommes les arborent comme autant de symboles de richesse, de style et de personnalité. À chaque Fashion Week, on voit ces hommes vêtus d’imprimés tape-à-l’œil, d’emmanchures spectaculaires et de coupes fluides, bien décidés à être les stars des street styles. Parmi eux, Eniafe Momodu se distingue, et pas seulement par sa taille (il mesure près de 2 mètres), puisque c’est toujours lui qui a les meilleurs looks.

« Je me questionne toujours sur ce qu’un vêtement dit sur moi, ce qu’il dit sur la culture, le genre, la durabilité et autres facettes de notre société.”      

Au cours des deux dernières années, Eniafe Momodu, diplômé de l’Université de Leeds, photographe, producteur, et auteur, est devenu l’une des icônes les plus identifiables de la Gen-Z à Lagos, avec ses 24 000 followers sur Instagram. Le jeune homme a déjà incarné des campagnes pour Arise Fashion Week, Alara et Ebony Life, ou lancé des évènements comme le New World Brunch. L’aso-oke vert personnalisé et l’agbada en gazar de soie de Fruche, qu’il a porté lors de la dernière Lagos Fashion Week en novembre, a été salué par de nombreux magazines, dont Vogue, comme l’un des meilleurs looks de l’événement. À la soirée ballroom Lagos Is Burning, il portait une tunique inspirée par « Andre Leon Talley, Billy Porter et Dominique Jackson »

“On dit souvent que mon style est grandiloquent, larger than life, et rappelle celui d’Andre Leon Talley”, nous explique Eniafe Momodu au téléphone depuis Dubaï. Mais derrière cette extravagance se cache une véritable philosophie de la mode. “Ma silhouette typique, ça va être quelque chose de long et ample,” dit-il. “J’essaie de transmettre une certaine aisance de mouvement à travers mon style, qui reflète également ma personnalité. Je ne crois pas du tout à l’idée que la mode doit être inconfortable, qu’il faut souffrir pour être beau. Le confort peut avoir beaucoup de style. Pour moi, l’apparence n’est pas le plus important. Ce qui m’intéresse, c’est le message que véhicule ma tenue. Je me questionne toujours sur ce qu’un vêtement dit sur moi, mais aussi à ce qu’il dit sur la culture, le genre, la durabilité et autres facettes de notre société.”

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

Bien qu’elle soit une capitale de la mode, les boutiques de Lagos offrent peu d’options pour les clients grandes tailles, en particulier dans le prêt-à-porter. Les grandes tailles coûtent parfois le double voire le triple du prix d’un même vêtement dans une taille plus modeste. Eniafe Momodu a souvent été confronté à ce problème et s’en remet plutôt à des tailleurs, facilement accessibles au Nigeria, pour créer sa garde-robe personnalisée. C’est un processus moins contraignant, mais qui n’est pas toujours idéal.

La Rédaction

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