Daniel Obasi : Lagos artillery

Daniel Obasi : Lagos artillery

Le photographe nigérian dévoile son premier livre, publié par Louis Vuitton dans la collection Fashion Eye, où surréalisme et liberté soufflent sur une mode « noire » qui, depuis quelques années, s’émancipe et investit la fashion internationale.

« Transcender les merveilles et les aléas du présent tout en imaginant un futur qui repose sur le rêve et l’activisme. » Voilà ce à quoi aspire le Nigérian Daniel Obasi quand il saisit son objectif, nous dit-il au téléphone depuis Lagos, où il vit. Photographe de mode et styliste de 27 ans, Daniel Obasi s’inscrit dans le courant photographique que le critique d’art américain Antwaun Sargent nomme « The New Black Vanguard ». La nouvelle avant-garde noire ? Un bataillon de photographes millenials (âgés de 25 à 35 ans), qui, depuis quelques années, placent leurs clichés au sein des plus prestigieux magazines de papier glacé, de Vogue à Harper’s Bazaar. Leur point commun : ils revoient et resituent l’image du corps noir dans la mode, avec une focale qui se veut autant artistique que militante. Parmi eux, l’Afro-Américain Tyler Mitchell (qui a photographié Beyoncé pour Vogue en 2018, à seulement 23 ans), la Nigériano-Britannique Nadine Ijewere, la Suisso-Guinéenne Namsa Leuba et, donc, Daniel Obasi.

Tourbillon urbain

Les éditions Louis Vuitton ont fait appel à lui pour un nouvel ouvrage (1), Lagos – Beautiful Resistance, consacré à son travail dans cette tentaculaire mégalopole nigériane. L’ouvrage s’inscrit dans la collection de livres de voyages Fashion Eye, où des photographes de mode – vétérans comme jeunes pousses – sont invités à proposer leur regard sur un lieu. Ici, on plonge dans le tourbillon urbain de Lagos via la vision qu’a Daniel Obasi de la mode. Elle repose sur l’onirisme (tenues vaporeuses, mouvements aériens, regards songeurs ou fuyants), le surréalisme (maquillage insolite, perruques aux couleurs chatoyantes, masques, costumes traditionnels), la science-fiction (casques de cosmonautes, coiffures futuristes) le militantisme et la liberté (le nu, le drapeau nigérian, les emblèmes sociopolitiques, les armes à feux). «La mode est l’occasion de pouvoir dire qui l’on est et qui l’on veut être sans aucune contrainte culturelle ou sociale», s’enthousiasme le photographe qui a déjà officié pour Vogue US, Vogue Portugal, Vogue Italie, Nataal ou Dazed comme photographe, et pour Marie-Claire Brazil en tant que styliste.

 

La Rédaction

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