Dalida Inyongo et TerNoir ou la passion d’une cuisine africaine autre

Dalida Inyongo et TerNoir ou la passion d’une cuisine africaine autre

Au départ, c’est un prénom. Mais quel prénom ! Fuyant le régime du « Léopard du Zaïre », le général Mobutu, la famille Inyongo vint s’installer à Bruxelles quand Dalida avait 4 ans. Les mélodies de l’icône italienne résonnaient donc encore dans l’esprit du père quand il décida du prénom de sa fille aînée.

La fratrie comptera cinq autres enfants mais seule Dalida se passionnera pour la cuisine. Depuis son plus jeune âge, Dalida aimera se glisser dans la cuisine de sa mère ou ses tantes. Tout dans cet univers aux fumets envoûtants, dédié aux cuissons et autres mariages des produits ramenés du marché du Midi ou de l’Abattoir à Bruxelles faisait rêver l’enfant de Kin. Souvent, elle accompagnait sa mère faire les courses à Matonge dans le quartier de la Porte de Namur où elle s’émerveillait devant les étals africains aux couleurs des rue de la capitale congolaise.

Les rires mêlés aux odeurs ensorcelantes la rassuraient, l’enivraient mais aussi l’apaisaient. C’était un jeu fascinant pour la petite fille qui savait déjà qu’elle serait cuisinière plus tard. Après l’obtention à Bruxelles d’un diplôme de communication, elle travaille trois ans dans ce secteur où au fil du temps, elle s’ennuyait de plus en plus.  Elle ne pouvait imaginer vivre d’un travail par procuration, estimant injuste de voir le temps s’arrêter.

En 1998, elle se réveilla déterminée à changer le cours de sa vie. Et comme une évidence, prit conscience que la cuisine était toute sa vie. Elle décida alors de vivre de sa passion, plongeant littéralement dans l’apprentissage des arts de la table. « Abandonnant mon quotidien inodore de la communication pour partager mon amour des saveurs, ma facilité à marier les produits du marché me permit surtout de partager ma joie de cuisiner pour les autres. Aujourd’hui mon univers culinaire est afro-caraïbéen. Mais j’ai connu diverses fortunes en cuisine. J’ai tout d’abord débuté en proposant mes services en qualité de cheffe à domicile. Pendant deux ans, Dalidélices, régala tous les gourmets à La Hulpe dans la banlieue chic de Bruxelles. Le succès fut tel que la tentation d’ouvrir son propre restaurant devint rapidement une évidence.

Uns seul mot d’ordre au fronton de cette nouvelle aventure : faire partager le meilleur des douceurs du palais au plus grand nombre.

Tout se passe pour le mieux et la réputation de la table de Dalida fait rapidement le tour de la province du Brabant Wallon. « J’ai fait ce choix en hommage à ma mère et mes tantes dont les éclats de rires et les marmites débordantes de saveurs merveilleuses, résonnent encore au plus profond de moi », nous confie cette maman de trois enfants, tous plus gourmands les uns que les autres. Mais le rythme fou, combinant vie de famille avec l’exigence d’une cuisine de qualité, amène Dalida à déposer les « casseroles » pour lancer un autre concept de restauration. Banane Plantain né de la volonté de proposer une cuisine afro-caribéenne, travaillée dans un laboratoire, proposera pendant cinq années une table d’hôtes particulièrement prisée des habitants des villages alentours. Parallèlement, elle est la première cheffe à proposer sa cuisine avec deux « Foodtrucks » qui sillonnent la campagne bruxelloise et installent dans le décor belge une cuisine pétillante et gourmande.

Et puis l’envie de découvrir d’autres « terrains de cuisine » se fit sentir. Dalida décida alors d’installer ses fourneaux au cœur de Paris, tout en réinventant sa cuisine. Sa rencontre avec le journaliste Eric Bazin dont la passion pour les vins constituait un évident complément, accéléra cette quête d’en découdre avec une autre clientèle. Ils décidèrent alors de créer TerNoir, Comptoir Gourmand, un restaurant afro-caribéen aux confins des terroirs et des territoires.

Pendant les différents confinements, Dalida a su proposer une cuisine à emporter pleine de saveurs, d’acidulés oubliés, d’épices retrouvées. Chaque matin, non loin de son domicile parisien, Dalida se met en quête de produits goûteux, choisis à Château Rouge pour ses poissons africains, chez Mas, rue des Martyrs pour ses viandes maturées ou encore son chocolat pour ses desserts, chez Raw, son voisin, rue de Mulhouse dans le Sentier là où aujourd’hui tous les matins, les voisins viennent la saluer, curieux du plat du jour ou encore des légumes d’ailleurs proposés.

Le restaurant, aux murs couleur Chardonnay au plus près de la cuisine et Pinot Noir, les deux cépages du Bourgogne à l’étage, viennent rappeler aux visiteurs qu’une cuisine parfumée, riche en saveurs se mariera parfaitement avec les flacons sélectionnés par son mari. Divers accords mets-vins sont proposés comme par exemple les spécialités de Dalida : un poulet Mafé avec Le Plus joli, un Côte Catalane du Domaine Modat, un capitaine sauce Moqueca – palme et lait de coco accompagné d’un Marsannay Le Clos de Bernard Bouvier, un croustillant de Kosa-kosa – crevettes du fleuve Congo servi avec un Pinot Gris alsacien, du Domaine François Baur, ou encore, un bœuf à la congolaise – sauce tomate – avec un Bandol du Domaine d’Arenc.                                           

Toujours en quête de nouveautés, la cheffe Dalida travaille aujourd’hui sur une carte pour les déjeuners et dîners sur mesure. Un des plats emblématiques de cette nouvelle aventure culinaire peut être ici dévoilé : le filet de gazelle au foie gras !

TerNoir peut être privatisé pour des dîners de dix couverts ou si vous désirez pouvoir déguster une cuisine à domicile originale, n’hésitez pas à faire appel à la cheffe Dalida qui vous fera voyager au travers de sa cuisine si colorée !

La Rédaction

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