Cahéla Kouleon : « Ne pas uniformiser les cultures africaines, mais les représenter dans leur pluralité »

Cahéla Kouleon : « Ne pas uniformiser les cultures africaines, mais les représenter dans leur pluralité »

La plus jeune écrivaine ivoirienne, Cahéla Kouleon, vient de publier à Bordeaux « La Légende de Thessaba », une saga que l’auteure compte éditer en quatre tomes. Dans ce roman, Cahéla Kouleon raconte la tumultueuse épopée africaine où les humains, étant ce qu’ils sont, s’autodétruisent avec leur vanité et leur soif de pouvoir… se faisant la guerre et utilisant les esprits pour arriver à leurs fins.

Un parcourt atypique

Effectivement, (avec un sourire). Comme dit l’adage, il n’est jamais trop tôt pour se lancer dans un domaine. Je suis étudiante en gestion immobilière et je travaille parallèlement avec des enfants d’une école grâce à mon diplôme de directrice en accueil collectif de mineur (BAFD). Mais, je n’avais pas un emploi du temps très chargé quand le processus d’écriture a commencé puisque je n’étais pas encore étudiante à l’époque. Disons qu’un jour, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à gribouiller un synopsis comme j’ai toujours eu l’habitude de le faire depuis mes 12 ans. Mais cette fois-ci, je vivais l’histoire différemment, j’ai eu besoin d’aller jusqu’au bout et puis mes proches ont lu cette esquisse. S’en suivirent trois années d’aventure créative.

 Il faut se l’avouer, je ne rêvais pas de devenir auteure. L’écriture est venue à moi comme une évidence. Quand j’étais plus jeune, c’était quelque chose d’anodin, j’adorais gribouiller quand je m’ennuyais, ou quand je passais par divers états d’âme (colère, joie, tristesse etc…). Je faisais vivre à mes personnages les émotions que je n’arrivais pas à expliquer correctement ou tout simplement que je ne souhaitais pas partager directement. C’était un peu ma manière, à moi, de tenir un journal intime sans que les autres accèdent à mes pensées. En dehors de ça, je suis une grande rêveuse, j’ai toujours adoré les histoires où se mélangent grands voyages, combats épiques et une bonne dose d’explosion magique.

 « La Légende de Thessaba »

 Quand j’avais 14 ans, mon petit frère est venu au monde. J’adorais regarder des dessins animés avec lui et surtout lui raconter des histoires. Parfois, je mettais une petite musique d’ambiance et je partais en improvisation totale. J’ai donc commencé à gribouiller « La Légende de Thessaba » sur mon ordinateur. Je voulais écrire un petit conte africain, au début, et puis tout est parti en vrille quand j’ai compris le potentiel qu’avait cette histoire (rire) !

Puis, je me suis dit qu’il n’y avait pas suffisamment d’histoires pour les enfants et les ados qui mêlent une Afrique du temps des empires, aux genres épique et fantastique. Alors que nous avons des centaines de ressources rien qu’en s’inspirant des rois et des reines ayant existé, ou encore de la mythologie yoruba ou Akan. Il me fallait créer un nouvel univers, dans lequel on peut retrouver les codes que j’aime comme la magie, la comédie ou encore le voyage initiatique, mais aussi des traces des cultures africaines que j’ai envie de faire découvrir.

Au bon vouloir du cerveau

Quand il s’agit d’écrire, c’est au bon vouloir de mon cerveau, je n’arrive pas à m’imposer une charge de travail sinon je décroche vite. Il faut que ça vienne du cœur. Généralement, c’est le soir que je suis plus productive. Je me retrouve seule et mon imaginaire est en surchauffe, je vis à travers mes personnages les aventures dont j’ai toujours rêvées quand j’étais petite. Donc oui c’est plutôt la première option qui a prédominé. Pour le reste, je me laisse transporter par mes écrits.

 « La Légende de Thessaba » témoigne de beaucoup de scènes de la vie quotidienne

 Effectivement, Je voulais que le livre ait un certain réalisme malgré la fiction et le monde magique des ancêtres que les personnages côtoient. La nourriture, les œuvres d’arts, les scènes au village, les fêtes traditionnelles etc… Ce sont des éléments que j’ai beaucoup détaillés car ça permet d’humaniser les personnages, de voir autre chose que seulement des héros en quête pour certains ou des éléments de décors pour d’autres. Aussi cette touche de réalisme permet de partager des modes de vie qui existent en Afrique. Il ne s’agit pas d’uniformiser les cultures africaines mais de les représenter dans leur pluralité à travers l’épopée de Thessaba.

Des projets à la suite

Oh oui, je suis déjà en train de travailler sur le tome 2 de « La Légende de Thessaba », et j’espère en sortir 4 au total. En dehors du roman, je compte travailler sur sa BD et son film d’animation. Sinon, j’ai un recueil de cuisine pour enfants et un petit conte qui sont en train de germer dans mon laboratoire d’écrivaine. Les prochains mois et les prochaines années s’annoncent encore plus chargés.

La Rédaction

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