Asmaa Rochdi ou la libération de la couleur

Asmaa Rochdi ou la libération de la couleur

Les cimaises de la galerie Chez l’Artiste de Casablanca abritent les œuvres récentes de l’artiste-peintre Asmaa Rochdi sur le thème « Abstraction africaine ».

La plasticienne native de Marrakech y présente une vingtaine de tableaux composés de portraits de femmes africaines et d’œuvres abstraites aux couleurs de l’Afrique.

Un vibrant hommage à la femme africaine. Voilà ce que l’on retient des derniers travaux de l’artiste-peintre Asmaa Rochdi qu’elle expose à la galerie casablancaise Chez l’Artiste. D’abord, à travers les portraits de la femme africaine, de la beauté noire à l’état brut, notre artiste tente de repenser la question du féminisme.

Cette plasticienne qui a fait le tour de l’Afrique subsaharienne pour rencontrer l’humilité et les différentes sensibilités culturelles et religieuses des peuples de cette partie du Continent. Elle y a puisé son inspiration. Et cela est nettement perceptible dans ses œuvres où elle fait de la condition de la femme africaine dans tous ses états son cheval de bataille.

 

Pour elle, le corps féminin africain est l’objet suprême du sacrifice patriarcal. Il est aussi le corps sacré, souillé, transgressant les frontières de race et de genre dans la façon dont il met en scène et incarne l’histoire. « Sur le corps des femmes africaines, j’essaie d’inscrire des propositions à la fois personnelles et collectives, conformes à leurs expériences vécues, souvent contradictoires avec les regards masculins autrefois portés sur elles dans leurs innombrables représentations », indique Asmaa Rochdi.

Abstraction africaine

Outre les portraits des femmes africaines, l’artiste- peintre dévoilera une série de tableaux qu’elle a réalisés avec des couleurs de l’Afrique. Le regard à l’œuvre découvre alors des silhouettes suggérées qui évoluent si librement dans l’espace.  Suggérées car les formes restent avant tout allusives, comme si les êtres devaient se fondre avec la nature, dans une harmonie qui exclurait toute vaine tentative de domination. Elle s’inspire de sujets oniriques, ou fantasmagoriques mais ses œuvres restent cependant fidèles à la réalité de formes. Elles déroutent, interrogent, dégagent de la poésie.

Et par là-même, les trajets sensoriels et émotionnels d’une figure à l’autre sont concrétisés par l’enchevêtrement ornemental des empreintes et des diagrammes, des lignes et des couleurs, le surgissement dynamique de la profondeur vers la surface.  Ces éléments sont aussi caractérisés par le passage de la bi-dimensionnalité à la tridimensionnalité, le legs du patrimoine culturel africain comme mémoire libre persistante et expansion perpétuelle, s’unissent au bénéfice d’une nouvelle expressivité du présent.

A partir d’un assemblage d’une multitude d’éléments photographiques piochés un peu partout, Asmaa réalise une composition visuelle suffisamment aboutie pour passer à l’étape finale : la peinture.  Après avoir transféré son image vers une toile, le travail de peinture consiste à reprendre l’ensemble de l’image pour en révéler son aspect final par l’équilibrage de la lumière, des contrastes et autres effets de matière. Le but étant d’arriver à bon équilibre du mixage des différentes techniques employées. Ce qui lui permet de mieux mettre en œuvre son univers onirique. Il suffit de s’éloigner de quelques pas pour que la composition s’assemble, se construise et révèle son thème.

 « Peindre est d’abord est un plaisir qui me permet de communiquer aux autres ma vision, d’amener l’invisible au visible, de mettre le point sur l’irréel et le réel, c’est aussi la possibilité de transmettre la poésie de la vie en les faisant sortir de la guerre duelle. Rêver c’est changer sa perspective », confie-t-elle.

La Rédaction

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