Angélique Kidjo marquera sa présence au  festival Jazz à Vienne

Angélique Kidjo marquera sa présence au festival Jazz à Vienne

40 ans de carrière, 18 albums, 5 Grammy Awards, le 1er juillet 2022, la chanteuse d’origine béninoise Angélique Kidjo sera sur la scène du Théâtre antique, à l’occasion du festival Jazz à Vienne. Interview d’une artiste nature. 

Le festival Jazz à Vienne vous a donné carte blanche. Que réservez-vous au public ?

Angélique K : Beaucoup de danse. On va s’amuser, on en a bien besoin ! Il y aura des invités : Yemi Alade, un jeune artiste originaire du Suriname qui s’appelle Jeangu (Macrooy, NDLR), Imany… Nous allons aussi faire des chansons individuellement car, quand on invite des gens, il faut les mettre en valeur. Ce sera une conversation musicale avec le public entre nous. 

Parlez-nous de Mother nature, album qui vous a valu votre 5e Grammy Award cette année. 

Son thème est la nature, mais la nature, c’est aussi l’amour et l’engagement de chacun. Cet album invite les gens à se parler. Nous sommes dans une logique de violence constante, une course vers l’avant qui ne donne rien. La vie appelle à des compromis. On peut ne pas être d’accord, mais on peut trouver une façon de vivre ensemble. 

On vous sent très investie. Les artistes se doivent-ils d’être engagés ?

A.K. Qu’on le veuille ou non, on l’est. On fait partie d’une société et ce qui s’y passe impacte notre art. Nous sommes des témoins de notre temps. Le plus important pour moi, c’est le vivre ensemble. Pendant la pandémie, on a appris que l’on dépendait les uns des autres. On commence à en sortir et on a plus de divisions que jamais. La musique peut aider à dire aux gens : d’accord, il y a des frustrations et des colères, mais comment construit-on ? Ce n’est pas en détruisant. Car quand on détruit, on ne sait pas ce que l’on va reconstruire.

Vous êtes habituée à vous produire partout dans le monde. Le Théâtre antique de Vienne est-il une scène comme les autres ?

Non (rires). Comme aux arènes de Nîmes, les pierres ont une histoire et on la sent en arrivant. C’est un théâtre dans lequel on peut faire de l’art, un endroit où l’on peut parler. On peut y mettre plusieurs personnes et toutes les toucher en peu de temps. 

Votre concert sera intégré à la soirée Afrique du festival. Selon vous, réserve-t-on assez de place à la musique africaine en France ?

On ne fait pas beaucoup de place aux musiques africaines nulle part (rires). C’est une réalité que je vis au quotidien. Je suis là pour faire ma musique et créer des ponts de culture pour des gens qui ne pensent pas pareil. Le monde n’existe pas sans l’Afrique : elle est dans notre ADN. Le refuser nous rend malheureux car c’est nous couper de nos racines pour des choix idéologiques absurdes. On accepte la diversité de la nature, mais pas les différences des êtres humains. La musique n’a pas cette obsession de catégorisation : c’est un langage universel. 

Après une telle carrière, est-ce qu’il vous reste encore des choses à réaliser ?

Toujours ! Tant qu’on est en vie, en bonne santé et capable d’apporter de la joie, il y a toujours des défis et des choses à faire. C’est un privilège et une responsabilité que je ne prends pas à la légère. J’ai grandi dans une famille qui m’a appris que ce que l’on a, il faut le célébrer et le partager.

La rédaction

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