Amine Laabi, le chef de tous les défis

Amine Laabi, le chef de tous les défis

Amine Laabi n’a pas remporté « Les Chefs », mais il sort tout de même gagnant de la populaire compétition culinaire. Avec son énergie et son attitude positive, il a charmé les téléspectateurs et les artisans de l’émission. « Tu es un véritable coup de cœur pour toute l’équipe », a déclaré l’animatrice Élyse Marquis au moment de son élimination. La Presse a voulu en apprendre davantage sur son parcours.

Amine Laabi carbure aux défis. Ça peut sembler cliché, mais c’est vraiment ce qui ressort de l’entretien d’une heure qu’a accordé le chef de 29 ans à La Presse. « Dans la vie, je suis toujours comme ça. Si je stagne, je dois passer à une prochaine étape », déclare-t-il, assis à une table près de la cuisine commune que se partagent la pizzéria Gentile Pizza Parlour et le café Gentile, où il travaille depuis trois ans.

Habitué de concocter des plats généreux dans ce restaurant italien de Westmount, Amine Laabi cherchait une façon de sortir de sa zone de confort. « J’ai toujours rêvé de faire de la cuisine gastronomique », confie celui qui a déjà suivi un stage de trois semaines à la prestigieuse Maison Boulud. De ce souhait est née l’idée de s’inscrire à la 11e édition  « Les Chefs ». Je me suis dit ou bien je vais aller ruiner ma carrière, ou bien je vais aller la faire exploser !

 « Peut-on vraiment entacher sa carrière en participant à cette émission ? », lui demande-t-on. Après tout, si on est sélectionné, on fait partie « des meilleurs aspirants chefs du Québec », comme l’a répété Élyse Marquis toute la saison.

Amine Laabi avoue qu’il avait peur de faire « une connerie » devant les caméras. Son impressionnant parcours jusqu’à la finale a montré que ses craintes n’étaient pas fondées. Avec ses quatre victoires, il est le candidat qui a remporté le plus de défis.

« Je me remettais beaucoup, beaucoup en question. […] En allant là-bas, je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de me mettre des idées négatives dans la tête et que je devais juste me faire confiance, suivre mon instinct et faire ce que j’aime », confie celui qui est « très fier » de son parcours dans la compétition et de sa quatrième position.

« Les commentaires des chefs m’ont vraiment fait grandir, poursuit-il. Pour moi, c’était impossible que je puisse surprendre des chefs comme ça. Même moi, j’étais surpris. »

Un moment marquant

À l’épisode 6, le défi terre et mer (et champignons) lui a insufflé une plus grande confiance en son talent. Avec une viande et un poisson imposés, mais peu de contraintes, cette épreuve était, à ses yeux, le moment où il devait briller.

« Je me disais, s’il y a quelque chose à prouver, c’est aujourd’hui. »

Ce soir-là, il a décroché la première position. « C’était unanime. On s’est régalés avec tes plats », a déclaré la juge Isabelle Deschamps Plante au moment du verdict.

« C’était l’épreuve où il fallait se démarquer, et je l’ai fait », s’enthousiasme l’énergique jeune homme.

« J’ai démontré mes skills de chef et de cuisinier. Dans cet épisode-là, j’ai prouvé que j’étais plus que capable. Pour moi, c’est mon plus bel accomplissement dans Les chefs !. »

En finale, ce Marocain d’origine qui a grandi à Laval a choisi de rendre hommage au Québec en utilisant des saveurs boréales. Est-ce cette décision qui lui a coûté la victoire ? « J’aurais pu faire un menu marocain si j’avais voulu, mais ce n’était pas un défi pour moi. Je suis en finale des Chefs ! Je ne suis pas là pour faire ce que je sais faire. Je suis là pour montrer que je suis capable de me dépasser moi-même », répond-il, serein avec la tournure de cet ultime défi. « Je n’avais pas une bonne journée », admet toutefois le chef.

Moins d’expérience

Il faut rappeler qu’Amine Laabi comptait peu d’années d’expérience en cuisine comparativement à d’autres candidats.

Si le rêve de faire carrière dans le domaine de l’alimentation a germé en sixième année après avoir fait un travail scolaire sur la nutrition, il ne s’est inscrit à l’école de cuisine qu’à l’âge de 25 ans.

Après sa cinquième secondaire, il a commencé à travailler dans des boutiques de chaussures et de vêtements et y a gravi les échelons. « J’étais dans une entreprise où je pouvais grandir et faire un très bon salaire », raconte-t-il. Jusqu’au moment où, à 25 ans, il a cessé de ressentir qu’il s’accomplissait.

Mûr pour un nouveau défi, il s’est inscrit à l’école de cuisine… comme il l’avait promis à sa mère à maintes reprises depuis la fin de l’école secondaire.

Le café Gentile, où il travaille toujours, a été le premier endroit à lui donner sa chance. « J’ai eu un chef extraordinaire qui m’a appris énormément et je lui en suis reconnaissant », affirme-t-il au sujet de son collègue Nelson Maceira.

La suite ?

L’émission Les Chefs terminée, quelle sera la suite pour Amine Laabi ? « Je ne sais pas trop ce qui va m’arriver. Je suis ouvert à tout. » Il souhaite notamment continuer à partager ses connaissances culinaires avec le public grâce à ses réseaux sociaux. Il s’est aussi joint récemment à la brigade Mordu, de Radio-Canada. Éventuellement, il aimerait suivre des stages à l’étranger dans des établissements gastronomiques.

Peu importe ses projets, le public continuera assurément de le suivre. Le chef s’étonne d’ailleurs encore de la vague d’amour des téléspectateurs. « Honnêtement, je n’aurais jamais pensé avoir un retour aussi fort. C’est énorme ! Je n’arrive toujours pas à le croire. »

La Rédaction

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