Alune Wade, bassiste multidisciplinaire

Alune Wade, bassiste multidisciplinaire

Au fil des décennies, le bassiste Alune Wade n’a cessé de multiplier les collaborations, souvent bien au-delà de ses racines sénégalaises. De Marcus Miller à Salif Keïta, Oumou Sangaré ou Gregory Porter, ses aptitudes artistiques ont fort séduit et l’ont hissé au rang des meilleurs instrumentistes de notre temps. Ce 15 février 2022, il participe au Festival Sons d’hiver, en compagnie de ses camarades Cheick Tidiane Seck et Paco Sery.

A 43 ans, Alune Wade est devenu un pilier du jazz grâce à son éclectisme et son indéniable altruisme multiculturel. Artiste fécond, il promeut à travers ses différents projets, une irrépressible ouverture d’es­prit. C’est un élan panafricain qui l’a poussé à conjuguer au pluriel, son harmonieuse musicalité. Le trio 368° est la somme de trois virtuosités issues de pays dont le riche patrimoine nourrit un répertoire original et sans frontières. Certes les racines malienne, ivoirienne et sénégalaise des trois protagonistes peuvent surgir à tout moment et nous surprendre, mais l’enjeu est ailleurs.

Il s’agit d’affirmer l’entente artistique et collégiale de personnalités complices, bien décidées à œuvrer pour une unité africaine sincère et durable. Tous trois ont un mentor commun, le regretté pianiste Joe Zawinul, dont le regard bienveillant à l’égard du continent africain a longtemps suscité l’intérêt. Alune Wade a certainement été inspiré par cette approche universelle de la musique. Il a, lui-même, épousé tout au long de son épopée les accents mélodieux de personnalités venues d’horizons très divers, Ismaël Lô, Youssou N’Dour, Harold Lopez-Nussa, Bobby McFerrin, Lokua Kanza, Blick Bassy… Convaincu du bienfait des rencontres et du partage, il poursuit aujourd’hui son cheminement en annonçant un nouvel album pour le mois de mai 2022. © Christian Rose

Sultan sera, une fois de plus, un pont entre des cultures, des peuples, que l’histoire a malmenés ou partiellement négligés. Les liens qui unissent le Moyen-Orient et l’Afrique sont souvent mésestimés. Ils existent pourtant. C’est dans un geste de concorde qu’Alune Wade a envisagé ce travail de réconciliation nécessaire. En­touré de véritables pointures, Cyril Atef, Dramane Dembélé, Mounir Troudi, Guimba Kouyaté, Lenny White, entre autres, Alune Wade virevolte avec force et conviction, celles d’un homme de cœur qui nous donne déjà rendez-vous au printemps pour porter une parole de paix. Ne parle-t-on pas de « diplomatie de la musique » ? En ces temps de tensions internationales, un message d’apaisement est une exigence !

La Rédaction

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